Par Benjamin LOUVET

Une évolution des cours du pétrole relativement limitée

Benjamin Louvet, Gérant des Matières Premières chez OFI AM, analyse l'évolution du cours du pétrole qui reste relativement limitée
BFM Business - Intégrale Bourse 23/10/2019

Le pétrole a baissé par rapport à son point haut de début d'année mais depuis quelques temps, l'évolution de son cours est devenue un peu plus « ennuyeuse ».

Les prix du pétrole sont beaucoup plus calmes en raison d'influences très opposées :

  • d'un côté, l'OPEP et les pays alignés, notamment la Russie, ont œuvré pour réduire la production afin d’équilibrer le marché ce qui a permis au pétrole de remonter à un moment donné ;
  • de l'autre, les craintes actuelles sur la croissance (révision de croissance à la baisse par le FMI, accord sino-américain qui tarde à aboutir et pourrait se voir partiel) entravent la progression des prix du pétrole et ont amené l'Agence Internationale de l'énergie (AIE), l'Energy Information Administration (EIA) et l'OPEP à revoir à la baisse leurs prévisions de croissance de la demande de pétrole. Dans leurs derniers rapports, ces grandes agences ont annoncé une croissance de la consommation de pétrole pour 2019 d'environ 1 million de barils par jour, contre 1,6 million anticipé en début d'année.
    Si l'OPEP et les pays alignés ont réduit leur production en début d'année en présumant d'une croissance de la demande d'1,6 million de barils par jour, et si cette dernière ne s'avère que d'1 million alors un excédent de 600 000 barils de pétrole va se retrouver sur le marché.

Cette problématique est tout de même nuancée par quelques éléments.
Tout d'abord, le taux de respect de l'accord de réduction des pays de l'OPEP et des pays alignés est aujourd'hui supérieur à 100%, notamment en raison de problèmes dans un certain nombre de pays producteurs comme l'Arabie Saoudite qui, après avoir subi des incidents ayant retardé une partie de sa production, a volontairement augmenté la réduction de sa production.
De plus, des rumeurs couraient sur une possible nouvelle révision à la baisse de la production des pays de l'OPEP et de l'OPEP + incluant la Russie mais ce matin, le ministre de l'Energie russe, Alexandre Novak, a annoncé qu'aucune demande de baisse n'avait été faite.
Cependant, si les craintes sur l'économie se confirment, il est fort probable que ces pays réduisent à nouveau leur production afin que les prix du pétrole restent soutenus, sachant que l'Arabie Saoudite compte toujours introduire Aramco en bourse.

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