Par Yannick LOPEZ

Taux souverains : le plafond après le creux récent ?

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management : analyse la situation des taux d'intérêt et leurs niveaux
BFM Business - Intégrale Bourse 25/11/2019

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management

Est-il raisonnable de penser que le cycle économique recèle encore aujourd’hui un peu de potentiel ? Les investisseurs obligataires confirment-ils cette idée ?

Au vu des niveaux de taux actuels, l’espoir d’une extension du cycle permet de maintenir en vie les entreprises sur une durée plus longue, y compris celles en difficulté.
En effet, il est encore envisageable de voir remonter très légèrement les niveaux de taux d’intérêt en 2020 mais il est peu envisageable qu’un fort rebond se produise. Dans ce contexte, une position extrêmement accommodante est maintenue et rend aisées les conditions de refinancement des entreprises ce qui aide à maintenir et prolonger le cycle.

Dans les semaines à venir, de nouveaux éléments d’information devraient paraître en ce qui concerne les dossiers politiques comme la guerre commerciale sino-américaine dont les impacts se sont avérés très négatifs cette année.
Côté Brexit, si les sondages disent vrai, les conservateurs obtiendront possiblement une majorité à Westminster. Ils pourront ainsi mettre en œuvre l’accord glané par Boris Johnson en octobre et éloigner à nouveau le risque d’une sortie désordonnée de l’Angleterre. Tout ceci a pesé sur le sentiment économique, notamment des chefs d’entreprises.
L’amélioration de la situation pourrait permettre de reconduire un peu le cycle mais beaucoup de risques et d’incertitudes perdurent, à commencer par la procédure de destitution de Donald Trump actuellement en cours.
Il est également très complexe de quantifier le fait que Hong Kong se soit invité dans la négociation entre les Etats-Unis et la Chine sur la question de la guerre commerciale. Cette circonstance va-t-elle entraver le processus ?
Pour rappel, les américains sont censés augmenter les droits de douane à compter du 15 décembre. Le marché semble pourtant anticiper l’annulation de ces taxes à la faveur d’un deal signé. Dans le cas inverse et ce, dans un contexte de fin d’année où la liquidité est faible, des secousses peuvent alors se produire sur les marchés.