Par Yannick LOPEZ

Quelles perspectives pour les places financières en 2019 ?

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, intervient sur tassement actuel des taux d'intérêt.
BFM Business - Intégrale Bourse 14/01/2019

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management

Le climat d’incertitudes et la dégradation des indicateurs macroéconomiques (balance commerciale chinoise et la production industrielle en zone Euro) pèsent sur les taux obligataires, notamment en Europe où le 10 ans allemand a du mal à sortir de la zone des 20 points de base (0,20% de rendement) en ce début d’année.

Les fondamentaux plaident plutôt pour un tassement des taux d’intérêt dû tout d’abord à la problématique des craintes sur la croissance, notamment en Chine comme l’illustrent les statistiques publiées ce matin sur le commerce (importations/exportations).
Plus généralement, le ralentissement est présent partout dans le monde. Les consensus révisent à la baisse : en Italie, le consensus de croissance en 2019 n’est plus que de 0,7% seulement contre 1,2% il y a 6 mois ; en France, la croissance se tasse également mais de manière moins spectaculaire avec un consensus à 1,5% contre 1,8% il y a 6 mois ; l’Allemagne subit un ralentissement du secteur automobile (5% de la production industrielle) qui influence fortement les perspectives de croissance 2019 qui tombent à 1,4%.
Une autre explication à ce tassement général des taux d’intérêt est la tendance sur l’inflation puisqu’avec le décrochage violent sur les prix du pétrole, l’année 2019 devrait voir des indices d’inflation plonger : en Europe, l’inflation devrait tomber en deuxième partie d’année sur des niveaux de 0,6%/0,7% environ en glissement annuel contre plus de 2% il y a quelques mois.

Globalement, ce contexte d’incertitudes accompagné de la problématique sur le Brexit dont les résultats du vote de demain sont incertains et du « shutdown » aux Etats-Unis (désaccord entre les démocrates et Donald Trump sur le budget 2019) sont différents facteurs qui convergent et entrainent des valorisations chères sur les taux d’intérêt, probablement trop chères par rapport aux fondamentaux. Et ce contexte pousse inexorablement les taux un petit peu plus bas.