Flash marchés - 07/02/2018 - Par Jean-Marie MERCADAL

Que penser du nouveau coup de tabac sur les marchés actions ?

En clôturant hier soir en baisse de plus de 4% après avoir dépassé le seuil des 6%, Wall Street est venue rappeler aux investisseurs que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Cette baisse est la plus forte du Dow Jones en termes de points mais n’oublions pas qu’en renouant avec les 24 000 points, cet indice ne fait que retrouver le niveau qui était le sien à la mi-novembre 2017. Elle a malheureusement entraîné avec elle l’ensemble des places mondiales dont les bourses européennes qui abandonnent largement leurs gains accumulés depuis le début de l’année.

Au-delà de la baisse, l’élément fondamental à prendre en compte est la forte volatilité qui s’en est suivie puisque l’indice VIX, encore appelé baromètre de la peur s’est littéralement envolé.

À l’origine de cet affolement, la sensation de la part des investisseurs que les Banques Centrales auraient peut-être minoré le risque d’inflation. Cette crainte ainsi que la hausse de la volatilité étaient deux éléments que nous avions pris en compte en début d’année lors de l’élaboration de notre scénario central et surtout de nos scénarios de risques. Mais si on regarde bien, les chiffres d’inflation salariale de la semaine dernière aux États-Unis sont en ligne avec ce que nous dit la Fed depuis plusieurs mois, notamment en matière de remontée de taux courts. Si les taux américains à 10 ans semblent l’avoir bien noté à 2,88%, le marché actions vient de le réaliser brutalement. Ce qui est paradoxal, c’est que cette baisse brutale des marchés actions entraine les taux à la baisse (2,75% à l’heure où nous écrivons) par l’effet de fuite vers la qualité !

À la lumière de ces évènements, sommes-nous amenés à changer notre scénario central ? La réponse est non. Il est impératif de distinguer les facteurs techniques des facteurs fondamentaux. Sur un plan technique, la hausse subite de la volatilité va entraîner des ventes automatiques de la part de tous les fonds systématiques qui ne doivent pas excéder un certain niveau de volatilité. Ils seront alors contraints de se séparer de positions « actions » qui contribuent à augmenter leur volatilité et précipiteront alors les cours à la baisse en l’absence d’acheteurs structurels. Pour cette raison « la chasse aux bonnes affaires » n’est sans doute pas finie et il conviendra de guetter toutes les séances de « vente panique » pour renforcer la part actions des portefeuilles sous investis qui n’auraient pas profité de l’appréciation des indices au cours du second semestre 2017.

Sur un plan fondamental n’oublions pas que ce qui fait tanguer les marchés aujourd’hui est ce que tous les intervenants ont souhaité depuis 10 ans, à savoir une reprise solide de l’activité mondiale et un léger regain d’inflation. En effet, on parle bien d’un léger regain d’inflation aux États-Unis et non pas de spirale inflationniste. Nous en sommes loin et les facteurs structurels liés à la démographie et au développement incessant de la technologie sont là pour contrecarrer cette spirale s’il en était besoin.

Il conviendra d’être très attentif à la publication des futurs indicateurs liés à la vigueur de l’économie et à la hausse du salaire horaire américain. Ces chiffres seront scrutés à la loupe et toute indication laissant penser à un tour de vis plus appuyé de la part des différentes Banques Centrales sera synonyme de volatilité et sans doute de baisse sur les marchés. Après avoir tant craint un risque déflationniste, les marchés financiers, qui n’en sont pas à un paradoxe près, la redoutent désormais….

En attendant les actions européennes qui contrairement à leurs consœurs américaines n’ont pas excédé leur niveau moyen d’évaluation, bénéficient de cette croissance retrouvée dans un environnement de taux d’intérêts qui reste malgré les tensions récentes particulièrement bas.

En matière de taux d’intérêt, nous maintenons nos cibles inchangées dans notre scénario central, c’est-à-dire 3% pour le 10 ans américain et 0,80% à 1,00% sur le 10 ans allemand. À noter, qu’en cas de dérapage fort des taux d’intérêt, nous verrions très probablement les Banques Centrales inverser leur discours en revenant à une tonalité plus accommodante de façon à éviter des mouvements de taux auto-réalisateurs.

Pour ces raisons, nous ne changeons pas notre scénario affiché au début de l’année qui repose sur une nouvelle année d’appréciation des actions européennes même si elle doit s’avérer moins robuste que l’année précédente. Nous réitérons notre prudence sur les actions américaines plus fortement valorisées.

Achevé de rédiger le 06/02/2018
Ce document est destiné exclusivement à des clients professionnels/non professionnels au sens de la Directive MIF. Il ne peut être utilisé dans un but autre que celui pour lequel il a été conçu et ne peut pas être reproduit, diffusé ou communiqué à des tiers en tout ou partie sans l’autorisation préalable et écrite d’OFI Asset Management. Aucune information contenue dans ce document ne saurait être interprétée comme possédant une quelconque valeur contractuelle. Ce document est produit à titre purement indicatif. Il constitue une présentation conçue et réalisée par OFI Asset Management à partir de sources qu’elle estime fiables. OFI Asset Management se réserve la possibilité de modifier les informations présentées dans ce document à tout moment et sans préavis qui ne constitue en aucun cas un engagement de la part d’OFI Asset Management. OFI Asset Management ne saurait être tenue responsable de toute décision prise ou non sur la base d’une information contenue dans ce document, ni de l’utilisation qui pourrait en être faite par un tiers. Dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale et conformément aux conventions signées par la France, OFI Asset Management exclut des fonds qu’elle gère directement toute entreprise impliquée dans la fabrication, le commerce et le stockage de mines anti-personnel et de bombes à sous munitions.

Nos thèmes associés