Par Benjamin LOUVET

Pourquoi le pétrole est en route vers 100 $ le baril

Benjamin Louvet, Gérant des Matières Premières chez OFI AM, est intervenu sur Sicavonline, le 1er juin 2018 : pourquoi le pétrole est en route vers 100 $ le baril
Sicavonline - L'oeil du Pro 01/06/2018

En juin 2017, alors que le prix du pétrole WTI stagnait autour de 40 dollars le baril, Benjamin Louvet, Gérant Matières Premières chez OFI AM, a fait preuve de perspicacité en l’annonçant à 60 dollars en fin d’année. Il a également vu juste en anticipant que les cours du brut continueraient de monter pour atteindre les 80/85 dollars en fin d’année 2018 : en mai, le WTI a franchi le seuil des 70 dollars le baril tandis que le Brent avoisinait les 80 dollars.
Aujourd’hui, il maintient toujours ce scénario avec, compte tenu du contexte, la possibilité de voir les prix du pétrole aller ponctuellement au-delà de ces niveaux.

Cette situation génère de l’inquiétude : la croissance mondiale que tout le monde pronostiquait très belle, s’étiole finalement légèrement et dans l’hypothèse d’une hausse trop rapide des cours de pétrole, certains redoutent un choc récessif.
Selon Benjamin Louvet, les prix du pétrole ne vont probablement pas monter très vite, très fort car des interventions commencent déjà à se manifester du côté de l’OPEP, L’Arabie Saoudite en tête et la Russie, pour tenter de calmer la situation. Malgré cela, une inquiétude subsiste car il y a quelques mois, la surproduction de pétrole avait amené la Russie avec un certain nombre de pays alignés et l’OPEP à imposer une réduction de la production mondiale pour rétablir l’équilibre. Cette manœuvre a fonctionné car l’objectif de ces pays était de ramener les stocks des pays de l’OCDE sur leur moyenne 5 ans et aujourd’hui, ils sont passé en-dessous. Le problème est la rapidité avec laquelle se font ces réductions car au-delà de celles décidées par l’OPEP, certains pays réduisent leur production de pétrole malgré eux, principalement au Venezuela dont la situation économique est catastrophique. Ce pays qui produisait 2,4 millions de barils par jour en 2015, en a perdu 800 000 aujourd’hui et certains spécialistes anticipent une poursuite de cette baisse de l’ordre de 500 000 barils d’ici la fin de l’année.
D’autres pays sont également concernés, notamment l’Angola et l’Iran qui subit actuellement les sanctions américaines.
Finalement, la baisse de production de pétrole est plus rapide et plus importante que prévue.