Par Jean-Marie MERCADAL

Perspectives de marchés et allocation - Septembre 2018

Après un été financier fort intéressant, les marchés sont actuellement soumis à deux forces.
La première, très classique, concerne l’économie et la finance qui se portent plutôt bien. En effet, l’économie mondiale reste à un rythme autour de 3,8/3,9% ; aux Etats-Unis, le deuxième trimestre est excellent, accompagné d’une dynamique positive observé dans les chiffres de confiance.
Malgré une légère décélération en Europe et dans les pays émergents, nous restons globalement dans une économie positive que l’on peut également observer dans les comptes des entreprises dont la saison est extraordinaire, notamment sur les résultats américains au premier semestre avec des progressions de bénéfices qui pourront atteindre 20% cette année. On peut remercier la réforme fiscale et Donald Trump sur ces sujet-là.
En Europe, la saison conserve un rythme normal avec +10% probablement cette année et de bonnes perspectives pour les mois à venir.

Le sujet nouveau qui a perturbé les marchés est la politique. La guerre commerciale a fortement affecté les pays émergents. La Chine a réagi assez rapidement en baissant sa devise mais le marché chinois a perdu 30% depuis ses plus hauts de janvier, à -20% cette année.
Beaucoup de pressions ont pesé sur les devises émergentes : augmentation du dollar avec baisse des matières premières sur fonds de guerre commerciale.
En Europe, la situation politique est très complexe. Dans un climat de légère décélération, la gouvernance européenne pose questions. Il réside une grande divergence d’évolution entre certains pays qui ont de gros déficits comme la France, l’Italie, l’Espagne et ceux en excédent budgétaire comme l’Allemagne.
Les marchés ont tenu compte de ces perturbations et les actifs américains sont sortis grands vainqueurs de cet été suivis de l’Europe qui est restée neutre et les émergents qui ont baissé.

Mais que doit-on faire maintenant ? Avec la volatilité de ces derniers mois et la visibilité économique actuelle, un certain nombre de points doivent être soulignés.
Les actions ne se portent pas si mal. Les actions européennes sont très peu chères et avec des dividendes de l’ordre de de 3,5%, il est difficile d’envisager un grand krach sur celles-ci. Au moindre repli, il faudra acheter des actions européennes.
En ce qui concerne les devises émergentes et les actifs émergents d’une façon générale, il faudra tôt ou tard y revenir mais pour le moment, les devises ont beaucoup baissé et les rendements sur la dette émergente se situent autour de 8,5/9% sur des dettes gouvernementales. Il y aura certainement matière à reprendre des positions dessus sur un horizon 3/5 ans mais pour le moment les émergents sont peu présents dans nos allocations stratégiques.
Pour ce qui est des politiques monétaires, la visibilité est excellente. Les taux n’ont pas trop bougé et il est peu probable qu’ils montent beaucoup dans ce contexte d’aversion au risque, notamment eu Europe avec des taux allemands à 0,30/0,40%.

En conclusion, des opportunités sont à venir et la fin d’année s’annonce finalement pas si mal.