Par Benjamin LOUVET

Méfiance généralisée et repli vers les actifs refuges

Benjamin Louvet, Gérant des Matières Premières chez OFI AM, analyse le choc macroéconomique actuel
BFM Business - Intégrale Bourse, Le Club de la Bourse 23/10/2018

Benjamin Louvet, Gérant des Matières Premières chez OFI AM, répond à la question : « le choc macroéconomique actuel, déjà perçu par certains marchés de matières premières, est-il en train d’être intégré par les marchés actions ou sommes-nous dans une logique de sell-off généralisé ? ».

Pour le moment, nous restons dans une logique de marché de flux.
Face à des marchés ultra tendus et contrairement aux habitudes passées, les investisseurs ont tendance à ne pas passer en risk-off avant la matérialisation des risques. Compte tenu que les obligations ne rapportent plus, il est compliqué de se mettre en dehors du marché, le risque est important.
Suivant cette approche, nous avions donc des positions énormes sur un certain nombre d’actions, importantes et longues sur le dollar et shorts sur l’or. Mais, à l’approche de la mise en place des sanctions pétrolières iraniennes (4 novembre) et des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, et alors que la Chine a annoncé des chiffres décevants mais ne méritant pas la sanction que l’on connait aujourd’hui, des investisseurs se sentent obliger de mettre leurs portefeuilles « au carré » et utilisent le moindre prétexte pour réduire leur exposition au risque.
Aujourd’hui, aucun changement majeur ne justifie une telle réappréciation du risque ce qui ne signifie pas que la baisse ne va pas se poursuivre.
Nous sommes face à un problème majeur du à la façon dont les marchés ont évolué ces dernières années :

  • Les taux à zéro obligent un investisseur ayant besoin de prendre du risque pour obtenir du rendement à rester sur les actions.
  • Des changements sont apparus dans les méthodologies de gestion.
  • Le développement des fonds « risk-parity » qui, lorsque la volatilité se réapprécie sur les actions, vont, mécaniquement, devoir vendre pour constater cette augmentation du risque.
  • Le développement des ETF avec un certain nombre de positions synthétiques qui peuvent, à un moment donné, poser problème à l’image du flash crash de 2015.
  • Le développement des robo-advisors qui se posent assez peu de questions dans ces marchés de flux.

Le marché est composé de telle sorte que des mouvements d’ampleur impressionnante peuvent se produire sans pour autant avoir des conclusions et des enseignements fondamentaux à en tirer.

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