Par Yannick LOPEZ

L'Italie reste sous surveillance à cause des inquiétudes sur son budget 2019 et des tensions avec Bruxelles

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, est intervenu sur BFM Business sur les inquiétudes du budget italien 2019 et les tensions avec Bruxelles
BFM Business - Intégrale Bourse 27/08/2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, s'intéresse à l'Italie qui reste sous surveillance à cause des inquiétudes sur son budget 2019 et des tensions avec Bruxelles.

Aujourd’hui, le marché est plutôt calme hormis une très légère tension en Europe de 2 à 3 points de base sur les piliers 10 ans. L’écart de rendement entre l’Italie et l’Allemagne est assez stable après une séquence de 3 mois assez violente sur les taux italiens. Le dossier immigration a été le premier à déstabiliser le pays d’un point de vue politique, suivi à la sortie de l’été par les inquiétudes budgétaires, sujet potentiellement plus « sanguin » pour les marchés financiers.
Pour le moment, les anticipations 2019 affichent un déficit budgétaire légèrement inférieur à 1% du PIB. Compte tenu des promesses, l’agrégation des programmes de la Ligue et du Mouvement 5 Etoiles et l’importante contribution en termes de déficit que cela génèrerait (autour de 100 milliards environ), la marge de manœuvre est extrêmement faible pour ne pas entrer en conflit avec Bruxelles.
Globalement, le budget italien a une marge de l’ordre de 30 milliards. Il va donc falloir procéder à des arbitrages si Giovanni Tria, ministre des Finance italien veut conserver une certaine crédibilité aux yeux des investisseurs.
Si le budget présente la « flat tax », le revenu universel et éventuellement une ébauche de réforme des retraites souhaitée par le Mouvement 5 Etoiles, le budget va largement dépasser les 30 milliards de déficit supplémentaire donc bien au-delà des 3% de déficit.
Un jeu politique va donc se mettre en place.
Le 15 septembre 2018, un premier draft sera présenté au parlement italien et le 15 octobre, selon les règles de l’Union Européenne, tous les gouvernements présenteront à Bruxelles leur projet de budget pour 2019.
Chaque déclaration de Luigi Di Mario, de Giovanni Tria ou de Giuseppe Conte pour un potentiel dérapage des finances va très certainement agiter les marchés et tendre les taux d’intérêt italiens.