Par Yannick LOPEZ

Les taux montent, portés par la dynamique des salaires aux Etats-Unis signalant des pressions inflationnistes

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, est intervenu sur BFM Business suite à la publication des chiffres des salaires américains
BFM Business - Intégrale Bourse 10/09/2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, intervient suite à la publication des chiffres des salaires aux Etats-Unis.

Aux Etats-Unis, les chiffres des salaires publiés vendredi ont dépassé les attentes, impactant clairement les marchés obligataires avec une tension sur les taux.
Il faut cependant rappeler que les salaires étaient en retard dans le cycle économique très long au regard des taux de chômage dont les niveaux sont historiquement bas, que ce soit le taux de chômage le plus regardé autour de 3,9% ou celui élargi incluant notamment les temps partiels à 7,4%. Les salaires entre 2,5% et 3% de croissance annuelle reste à la traîne par rapport à la décennie précédente.
Le dernier chiffre publié affiche donc une accélération avec 2,9% mais il faut attendre pour savoir si cette tendance perdure. Maintenant, ne pas voir une accélération des salaires compte tenu de la tension sur le marché du travail et du rythme de création d’emplois mois après mois (encore 200 000 créations ce mois-ci) semblait anormal. Il est donc logique, au-delà des bruits statistiques, que se produise un glissement vers 3% voir au-delà. La question est de savoir jusqu’où cela va aller mais surtout quel sera l’impact sur la Réserve Fédérale qui a en tête une accélération des salaires sachant que la croissance aux Etats-Unis reste pour le moment assez robuste, au-dessus de son potentiel et que le troisième trimestre semble bien engagé. A ce propos, La Fed d’Atlanta publie, en fonction des statistiques, le PIB « en temps réel » et révèle une croissance au-dessus de 4%.
Alors, la Réserve Fédérale va-t-elle rester sur son rythme pré-annoncé, soit deux hausses de taux d’ici la fin de l’année suivies de trois l’année suivante, ou existe-t-il un risque potentiel d’accélération ?
La seule certitude est que le marché a bien pris en compte les deux hausses à fin 2018 mais n’est pas forcément en accord avec celles prévues pour 2019 et cette situation fait peser un risque potentiel de hausse des taux sur la courbe moyen et long terme.