Par Yannick LOPEZ

Les taux longs restent sous pression après avoir progressé rapidement en début d'année

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, est intervenu sur BFM Business, le 19 mars 2018 :
BFM Business - Intégrale Bourse 19/03/2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, décrypte les tendances des marchés.

Grégoire Favet : « La semaine s’annonce chargée avec la Réserve Fédérale, le Conseil Européen et le G20 Finance. Lorsque l’on observe les marchés obligataires, les taux et notamment les taux longs américain et allemand restent lourds, sentiment que l’on retrouve également sur les marchés plus risqués comme les actions. Quels éléments d’explication peut-on apporter à ce sentiment ? »

Yannick Lopez : « Ce sentiment de lourdeur est surtout vrai en Europe. Le 10 ans allemand a commencé l’année à un peu plus de 0,4% de taux puis il est monté très vite à 0,8% sur des craintes d’inflation suite à quelques chiffres et la mise en place de la Tax Réform aux Etats-Unis. Depuis son plus haut de début février, il n’a eu de cesse de s’effriter et affiche aujourd’hui 0,60%. Un peu plus de la moitié de cette hausse a donc été effacée et cela s’explique par un certain nombre d’éléments qui sont « perçus négativement » aboutissant à une certaine aversion au risque.
Tout d’abord, la séquence politique américaine est source d’incertitudes : Donald Trump a imposé des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium et plus récemment, a « menacé » de s’attaquer au déficit abyssal que les Etats-Unis ont vis-à-vis de la Chine, en taxant jusqu’à 60 milliards de biens importés de Chine.
Il y a une crainte de résurgence du protectionnisme et de guerre commerciale qui n’est absolument pas pro-business et qui favorise le refuge vers des actifs dits sans risque. Dans ce cas-là, les taux européens et notamment le bund allemand sont les premiers concernés.
En Europe, d’autres facteurs ont également contribué à la baisse des taux d’intérêt. Depuis 3 semaines, les statistiques sont un petit peu « en dedans » et mais il faut tout de même relativiser car le contexte macroéconomique est très positif en zone Euro et la croissance au premier trimestre, dans la lignée des précédents, devrait rester solide. »