Par Yannick LOPEZ

Les investisseurs suivront avec attention les chiffres de l'inflation aux États-Unis à paraître ce mercredi

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, sur BFM Business, le 12 février 2018 : Les investisseurs suivront avec attention les chiffres de l'inflation aux États-Unis à paraître ce mercredi
BFM Business - Intégrale Bourse 12/02/2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, et Jean-François Bay, Directeur de la Stratégie et du Développement de La Financière de l'Échiquier, ont décrypté les tendances des marchés.

Au plus haut depuis 4 ans, le 10 ans américain reste très proche de 2,90, niveau brièvement franchi il y a quelques heures. Le marché est-il allé trop vite dans son réajustement ? Selon les gérants, plus qu’une correction, c’est surtout un réajustement des prix de marchés…

Yannick Lopez : « En 2017, nous ciblions le 10 ans américain à 2,75 en fin d’année et le 10 ans allemand autour de 0,75. Nous étions dans une logique où les banques centrales fermaient progressivement « les robinets », la croissance était constamment revue à la hausse et quelques signaux pouvaient être aperçus comme un début de transmission vers un retour progressif de l’inflation.
L’année dernière, cette hausse des taux n’a pas eu lieu pour un certain nombre de raisons, comme la déception structurelle des chiffres de l’inflation. L’explication donnée (y compris par la Réserve Fédérale) à ce retard du retour de l’inflation met en cause certains éléments techniques et temporaires. Au final, cette remontée des taux espérée durant plusieurs années et attendue en 2017 n’a pas été à la hauteur de ce que l’on avait pu imaginer.
Finalement, avec un mois de retard, les cibles que nous avions en tête il y a 12 mois, ont été touchées fin janvier 2018. Les réajustements sur les marchés de taux ont été brutaux mais finalement, peu de choses ont changé. Le contexte économique reste très porteur et les banques centrales continuent de « fermer les robinets ».
Comme on cherche toujours à trouver une explication aux évènements alors l’on va mettre en avant les statistiques publiées il y a 10 jours sur la création d’emplois et la tension salariale (2,9% de tension sur les salaires en glissement annuel). Tout cela était pourtant assez largement annoncé par les stratégistes et économistes depuis des mois.
Est-ce que le niveau de taux en Europe et aux Etats-Unis est aberrant par rapport à la croissance, au niveau chômage ou à l’inflation ? La réponse est non.
Est-on à l’aube d’un scénario identique à celui de 1994 où nous avions subi une tension brutale de 300 points de base sur les taux d’intérêts ? La réponse, de mon point de vue, est non car nous ne sommes pas dans un cycle économique qui laisse sa place à une inflation débridée pour des raisons démographiques, de changements de méthode de consommation… et par l’arrivée de nouveaux acteurs qui créent de la désinflation (Uber, Amazon…).
L’inflation ne devrait pas aller très loin mais convergera certainement vers la cible de 2%. »