Par Yannick LOPEZ

Les Bourses mondiales ont déjà enregistré trois corrections violentes depuis le début de l'année

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, est intervenu sur BFM Business, le 26 mars 2018 : les Bourses mondiales ont déjà enregistré trois corrections violentes depuis le début de l'année
BFM Business - Intégrale Bourse 26/03/2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, et Jean-François Bay, Directeur Stratégie et Développement chez La Financière de l'Échiquier, décryptent les tendances des marchés.

Grégoire Favet : « L’environnement est compliqué et lourd avec beaucoup de bruit politique même si une forme d’apaisement apparaît sur le front des relations entre Washington et Pékin sur la question du commerce mondial et des échanges commerciaux. Retrouve-t-on des marqueurs de stress particuliers sur les marchés obligataires et de crédit ? Y-a-t-il des zones de tension particulières qui reflèteraient cet environnement un peu compliqué aujourd’hui pour les investisseurs ? »

Yannick Lopez : « Si l’on s’en tient strictement à aujourd’hui, les marchés sont assez calme hormis une petite tension sur l’Italie suite aux élections des deux Présidents des deux Chambres intervenues ce weekend.
Les taux italiens se tendent de 5 points de base en s’écartant progressivement, la journée ayant débuté plutôt tranquillement avec une hausse de 1 à 2 points de base. En terme de flux d’informations aujourd’hui, l’Italie est le seul sujet anxiogène.
Maintenant, si l’on regarde les séquences des jours précédents alors oui, les marchés de taux et de crédit ont suivi la tendance globale des marchés et le stress s’est traduit un peu partout. Signe de l’aversion au risque, les taux core et semi-core, allemands et français, ont littéralement plongé. Le taux 10 ans allemand se situe autour des 0,52%/0,53%. Il avait terminé l’année 2017 à 0,43% et un changement de référence en janvier l’a fait artificiellement monté de 7 points de base. Nous sommes donc revenus quasiment à la case départ de début d’année en étant tout de même passé par 0,80% début février.
Sur les marchés de crédit, des écartements de spreads ont également eu lieu ces derniers jours.
L’Investment Grade s’est écarté d’une dizaine de points de base, soit 25% d’écartement, passant de 40 à 50 environ.
Les spreads High Yield se sont tendus d’une trentaine de points de base sur la même période, les spreads se situant proche de 300 points de base. Depuis novembre 2017, qui représente le point haut de la classe d’actifs, nous nous sommes écartés d’un peu plus de 80 points de base.
Les marchés crédits ont donc suivi la tendance globale mais nous ne sommes pas dans un marché « panique » car, mis en perspective, les niveaux de spread et de rendement sur le crédit restent plus près de leurs plus bas que de leurs moyennes de long terme. Cependant la géopolitique et l’incertitude pèsent effectivement sur les marchés de taux. »