Par Benjamin LOUVET

Les bourses mondiales corrigent violemment, avertissement sérieux ou opportunité d’achat ?

Benjamin Louvet, Gérant des Matières Premières chez OFI AM, revient sur les critiques de Donald Trump vis-à-vis de Fed et sur le vent de panique éprouvé à Wall Street
BFM Business - Intégrale Bourse, Le Club de la Bourse 11/10/2018

Benjamin Louvet, Gérant des Matières Premières chez OFI AM, revient sur la violente correction de Wall Street intervenue mercredi.

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a une nouvelle fois vivement critiqué la Réserve Fédérale alors qu'un vent de panique boursière a éprouvé Wall Street devant l'inquiétude des investisseurs vis-à-vis de la remontée des taux d'intérêt. Critiquant la politique monétaire de l’institution, il a déclaré « Je crois que la Fed est devenue folle ».

La correction connue ces derniers jours est un message envoyé par le marché à la Réserve Fédérale. Aujourd’hui, face aux anticipations d’inflation qui, contrairement aux taux, n’ont pas encore beaucoup augmenté, la Fed se retrouve « beyond the curve » c’est-à-dire en avance en termes de taux par rapport à ce que fait réellement l’inflation, ce qui signifie que les taux réels remontent.
Et devant cette situation, les marchés indiquent qu’ils réalloueront progressivement si les taux continuent de se comporter de cette façon. A trois semaines des élections de mi-mandat, Donald Trump préfèrerait certainement que la bourse reste haute et qu’un mouvement ne soit pas enclenché maintenant ce qui explique son agressivité vis-à-vis de la Réserve Fédérale.
Face à de tels événements, le timing est extrêmement important mais nous restons dans une logique de correction. Les titres les plus touchés (Netfix, Amazon) sont ceux qui représentaient 80% de la hausse du S&P 500 depuis le début de l’année donc les prises de bénéfices sont donc cohérentes.

Le mouvement actuel tient plus de la correction que d’un début de Bear Market car depuis quelques mois, le marché a changé d’approche sur le risque. La confiscation du risque due à l’intervention des Banques Centrales depuis 10 ans a entraîné un besoin de matérialisation de celui-ci avant de prendre les bénéfices parce que les taux d’intérêt ne rapportaient pas d’argent.