Par Benjamin LOUVET

Le pétrole progresse encore après le retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien

Benjamin Louvet, Gérant des Matières Premières chez OFI AM, sur BFM Business, le 9 mai 2018 : le pétrole progresse encore après le retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien
BFM Business - Intégrale Bourse 09/05/2018

Benjamin Louvet, Gérant matières premières chez OFI AM, et Gregori Volokhine, Président de Meeschaert Financial Services, ont décrypté l'actualité économique et financière américaine du mercredi 9 mai 2018.

Donald Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran conclu en 2015 par son prédécesseur, Barack Obama, et entré en vigueur en 2016.
Les conséquences économiques de cette décision politique sont pour le moment assez limitées hormis pour le pétrole dont l’impact est assez visible. Les opérateurs pétroliers avaient-ils appréhendé cette situation ou au contraire ont-ils été surpris par l’annonce du Président américain ?

Benjamin Louvet : « La sortie des Etats-Unis de cet accord était l’hypothèse la plus probable donc les investisseurs s’étaient positionnés en ce sens. Malgré tout, à l’annonce de la décision imminente de Donald Trump, l’importance de la position ouverte des spéculateurs sur le marché pétrolier a entraîné certaines prises de bénéfices.
Les cours du pétrole avaient subi une légère correction mais une fois le retrait de l’accord entériné, un repositionnement immédiat s’est effectué, jouant plutôt sur une hausse de ceux-ci.
Mais quel sera le réel impact de ce désengagement sur le marché pétrolier ? Appréhender les événements à suivre est compliqué car seuls les Etats-Unis sont sortis de l’accord, les européens ont manifesté leur intention de continuer à l’appliquer. Ce bras de fer qui s’engage peut également expliquer la remontée des prix du pétrole qui reste tout de même raisonnable.
Pour rappel, l’Iran exporte à peu près 2 millions de barils par jour et la dernière fois que ce pays a été sanctionné, les exportations ont été réduites d’environ 1 million de barils. Maintenant, les plus gros clients de l’Iran ne sont pas les Etats-Unis mais la Chine, l’Inde et la Corée du Sud. L’Italie et la France qui en font également partie vont être les plus gênés par la situation. Comment ces deux pays vont-ils continuer à fonctionner sur ce marché et acheter du pétrole à l’Iran sans froisser les Etats-Unis ?
Les hypothèses les plus plausibles parlent d’un retrait de pétrole en provenance d’Iran qui pourrait se situer entre 0 et 700 000 barils par jour. Chez OFI Asset Management, nous pensons que ce retrait sera inférieur à 500 000 barils par jour avec un impact très modéré car les iraniens peuvent mélanger une partie de ce pétrole avec celui de leurs voisins irakiens, de le faire circuler par l’Irak et finalement continuer la vente de celui-ci à des pays comme la Chine et l’Inde. »

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