Par Yannick LOPEZ

Le mouvement de hausse des taux marque une pause

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, sur BFM Business, le 5 février 2018 : le mouvement de hausse des taux marque une pause
BFM Business - Intégrale Bourse 05/02/2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, et Marco Bruzzo, Directeur Général Délégué de Mirabaud Asset Management, ont décrypté les tendances des marchés et se sont intéressés notamment à la hausse des taux.

Visiblement, ce sont les mouvements sur le marché obligataire, la correction de celui-ci et la remontée des rendements obligataires, notamment aux Etats-Unis, qui d’une certaine manière, ont « mis le feu aux poudres » la semaine dernière. Que s’est-il passé ? Est-ce que les choses se calment aujourd’hui ?

Yannick Lopez : « Pour le moment, les mouvements se calment. Les taux américains sont à peu près stables sur le 10 ans, en dessous de 2,85% ce qui représente tout de même une appréciation de 45 points de base depuis le début de l’année. Le mouvement a donc été spectaculaire en seulement 1 mois.
Sur l’Europe, le rebond est plutôt « technique » puisqu’il n’y a pas vraiment de raison qui justifie la baisse des 4 à 5 points de base sur la quasi-totalité des pays sur le pilier 10 ans.
Sur l’Allemagne, on s’est apprécié d’environ 30 centimes de taux sur le 10 ans depuis le début de l’année, un petit peu moins sur la France.
Le contexte macroéconomique que l’on connait maintenant depuis pas mal de temps justifie et justifiait une normalisation des courbes de taux d’intérêts qui étaient extrêmement faibles et alimentées par des politiques accommodantes par les banques centrales, notamment la Banque Centrale Européenne qui, pour le moment, conserve son principal taux directeur qui est la facilité de dépôt, toujours en territoire largement négatif à -0,40%. Tout cela a donc tiré la courbe des taux vers le bas. Jusqu’à récemment, la BCE achetait beaucoup d’actifs obligataires. Elle commence à réduire le pas et ses achats représentent 30 milliards par mois jusqu’à fin septembre minimum.
Nous étions donc dans un contexte où les taux étaient clairement administrés et exagérément bas. Le contexte macroéconomique a fait que, petit à petit et par la réduction de ce programme d’achat d’actifs, les taux ont eu tendance à remonter. Le mouvement se fait cependant de manière brutale mais comme souvent sur le marché obligataire. »