360 degrés - #1 Janvier 2017 - Par Jean-Marie MERCADAL, Eric VAN LA BECK, Benjamin LOUVET, Eric BERTRAND, Béryl BOUVIER DI NOTA, Xinghang LI, Christophe MALLET, Jean-Pierre GRIMAUD

Le monde de demain : entre remises en cause et opportunités

ÉDITO - Nouveaux horizons

Christophe Mallet, Directeur Marketing et communication - OFI Asset Management
Christophe MALLET
Directeur
marketing et communication

À l’orée de cette nouvelle année, le Groupe OFI inaugure un nouveau dispositif de publications à votre attention.
Outre la lettre mensuelle « Grand Angle » qui détaille nos choix d’allocation d’actifs et le trimestriel « Focus » qui apporte un éclairage sur nos convictions d’investissement, nous avons souhaité mettre à votre disposition un nouveau magazine semestriel, « 360 degrés ».
Avec « 360 degrés », nous voulons vous apporter des points de vue détaillés sur des sujets qui sont au cœur de vos préoccupations d’investisseur et de notre engagement en faveur d’une finance responsable.

Des sujets au coeur de vos préoccupations d’investisseur et de notre engagement de gérant responsable.

Nous avons choisi de dédier ce premier numéro à notre conférence annuelle qui s’est tenue le 10 janvier 2017 et que nous avons consacrée au Monde de demain, entre les remises en cause dont il fait l’objet et les opportunités qu’il recèle.
Vous y trouverez les synthèses des différentes interventions et des tables rondes que nous avons organisées autour du thème des raretés, le point de vue des économistes Philippe Dessertine, Elie Cohen et Jean-Pierre Petit sur la nouvelle donne économique ainsi que nos perspectives sur les marchés financiers pour 2017.
OFI est, cette année, à un carrefour de son évolution. Gérard Bourret, après plus de 30 ans de présence à la tête d’OFI, passera en juin le témoin à Jean-Pierre Grimaud. C’est l’occasion pour nous de dresser un portrait de notre groupe, de revenir sur son histoire et de vous faire part de notre actualité et des axes stratégiques de notre développement futur.
Enfin, comme vous le savez, OFI a placé la finance responsable au cœur de son développement. Exercer notre activité de manière responsable, c’est bien sûr développer une offre de solutions d’investissement qui permettent de valoriser et de préserver les intérêts de nos clients tout en développant une philosophie d’investissement dans les domaines Environnemental, Sociétal et de Gouvernance. C’est dans cet esprit que depuis 25 ans, le Groupe OFI s’est aussi engagé dans le mécénat artistique, démarche que notre magazine vous propose de découvrir.
Nous espérons que « 360 degrés » saura apporter des réponses à vos interrogations sur les sujets qui, selon nous, font l’actualité économique, politique et financière de 2017.

ENTRETIEN CROISÉ - Gérard Bourret, Président du Directoire et Jean-Pierre Grimaud, Directeur Général

Gérard Bourret, Président du Directoire et Jean-Pierre Grimaud, Directeur Général - OFI Asset Management

L’année 2017 sera celle du passage de témoin complet entre Gérard Bourret, qui dirige le Groupe OFI depuis une trentaine d’années, et Jean-Pierre Grimaud, Directeur Général depuis juin 2015.

Gérard Bourret, quel a été le fil conducteur de votre action à la tête d’OFI AM au cours des trente dernières années ?

Gérard Bourret : La vocation d’OFI est d’élaborer des savoir-faire adaptés aux besoins des investisseurs grâce à la grande proximité que nous avons toujours cherchée à développer avec nos clients. Entré pour créer la gestion pour compte de tiers, j’ai lancé la première Sicav au sein du groupe en février 1984. Depuis, les classes d’actifs ont connu une profonde mutation. Grâce à la créativité de nos équipes, nous avons continuellement enrichi notre offre en développant les gestions traditionnelles, en interne et par le biais de partenariats noués avec des gérants externes sur des expertises spécifiques. Nous avons également développé toute une offre de gestion sur les actifs non cotés comme les infrastructures, la dette non cotée et le private equity, par le biais de nos filiales dédiées (Infravia, Zencap AM et Swen Capital Partners) et dernièrement avec la création d’OFI Pierre sur l’immobilier. L’ISR est une expertise transverse sur l’ensemble de nos gestions et constitue depuis près de 20 ans une priorité stratégique pour le groupe.

Notre souhait d’innover s’est doublé d’une exigence de plus grande maîtrise des risques - Gérard Bourret

Les enjeux des sociétés de gestion ont donc beaucoup évolué ces dernières années. Comment OFI AM s’est-elle adaptée à son nouvel environnement ?

Gérard Bourret : Notre souhait d’innover pour répondre aux besoins des investisseurs, voire les anticiper, s’est doublé d’une exigence de plus grande maîtrise des risques. Nous avons renforcé les contrôles, en nous dotant d’outils innovants et performants et en étoffant les équipes dédiées (RCCI, audit, risk management…).
Jean-Pierre Grimaud : Ces années passées ont, en effet, mis en exergue une responsabilité qui pèse sur les sociétés de gestion, celle de ne pas faire courir de risques non contrôlés aux investisseurs.

Pour votre part, Jean-Pierre Grimaud, vous avez, vous aussi, vécu les années qui ont suivi l’éclatement de la crise financière au contact du monde institutionnel, en particulier en tant que Président de l’Association française des investisseurs institutionnels. Quels enseignements en avez-vous tirés ?

Jean-Pierre Grimaud : Au sortir de la crise, les événements qui nous ont tous affectés nous ont invités à redonner du sens à l’investissement. Désormais, savoir précisément où son argent est placé est primordial pour un investisseur institutionnel. D’où le développement des actifs réels (immobilier, infrastructures) et la généralisation de l’investissement responsable. Chacun se sent responsable de son acte d’investissement, de son utilité et de son impact sur l’environnement.

Les besoins de la clientèle des particuliers sont également grandissants. Comment envisagez-vous d’y répondre ?

Gérard Bourret : Le développement d’une offre de produits d’épargne destinée aux particuliers est en e™ et un enjeu pour OFI AM, et pour nos maisons mères. Nous mettons donc notre savoir-faire au service de nos partenaires par la création d’une offre spécifique dédiée à la clientèle des particuliers.
Jean-Pierre Grimaud : Le désamour des particuliers pour les actifs risqués doit nous interroger. Leur redonner de l’appétit pour ces produits nécessite de donner du sens à leur épargne. Ce que nous avons été capables d’élaborer pour les institutionnels, il est temps de le mettre en œuvre pour les particuliers. Nous aborderons le marché « retail » aux côtés de nos maisons mères avec des offres qui correspondent à nos expertises et à nos valeurs, et qui seront différenciantes. Nous devons en particulier construire des offres ISR plus facilement accessibles que le « best in class », mais aussi moins réductrices que la simple «°exclusion°». Nous allons nous focaliser sur les thématiques de la gouvernance et du développement durable. La loi de transition énergétique impose, par exemple, d’évaluer l’empreinte carbone des portefeuilles et sa trajectoire. Elle nécessitera donc d’engager un dialogue avec les entreprises qui nourrira notre stratégie d’investissement au bénéfice ce de ce type d’offres.

Chacun se sent responsable de son acte d’investissement, de son utilité et de son impact sur l’environnement - Jean-Pierre Grimaud

L’international constitue un axe de développement pour OFI AM. Quelles nouvelles orientations souhaitez-vous prendre dans ce domaine ?

Gérard Bourret : Notre gestion est mondiale, grâce à des partenariats noués dans le monde entier, mais aussi grâce à nos gérants, spécialistes des marchés émergents, par exemple, et de la Chine en particulier. Nous voulons dorénavant acquérir également une visibilité commerciale en dehors de nos frontières. OFI AM cherche effectivement à renforcer sa dimension internationale.
Jean-Pierre Grimaud : Notre approche des marchés étrangers sera extrêmement pragmatique. Aussi, nous nous concentrons d’abord sur les pays frontaliers (Allemagne, Suisse, Belgique, mais aussi Portugal). Nous allons capitaliser sur notre excellente connaissance des besoins et problématiques de la clientèle institutionnelle et sur notre offre de services notamment dans le cadre de la directive Solvabilité 2 (gestion sous contrainte, reporting…), car nous sommes convaincus que la qualité de services est essentielle et fait la différence.

Vous vous êtes fixé un objectif d’encours de l’ordre de 100 milliards d’euros à l’horizon de 2020. Quels seront vos principaux moteurs de développement ?

Jean-Pierre Grimaud : En termes de classes d’actifs, nous continuerons à développer les gestions dites traditionnelles taux, actions et diversifiées qui représentent aujourd’hui respectivement 56%, 14% et 3% de nos encours à fin 2016. Avec la création d’OFI Pierre, nous poursuivons aussi notre stratégie de diversification dans l’univers des actifs non cotés, qui ont représenté en 2016 le tiers de notre collecte nette. Par ailleurs, en termes de clientèle, outre le développement à l’international, nous allons également nous adresser davantage à la clientèle de particuliers, dans le sillage des initiatives prises par nos principaux actionnaires, la Macif et la Matmut, et aussi à travers d’autres réseaux de distribution.

PLUSIEURS NOUVEAUX AXES STRATÉGIQUES

  • La promotion d’offres à destination des particuliers en partenariat avec les maisons mères du Groupe OFI
  • La création d’une expertise « immobilier‚» à travers la nouvelle filiale dédiée, OFI Pierre
  • Un développement à l’international d’abord focalisé sur les pays frontaliers

LE MONDE DE DEMAIN - Raretés : ruptures ou transitions ?

Conférence OFI 2017 - ISR

Face à l’urgence climatique et l’épuisement des ressources naturelles, le temps presse. Mais comment penser l’avenir à l’ère des raretés ?

L’épuisement des ressources naturelles et le réchauffement climatique constituent deux des principales menaces pour notre avenir. L’ensemble de la population mondiale exploite actuellement 156% de la biocapacité offerte par notre planète chaque année (vs. 74% en 1961). Dans ce contexte, comment créer un modèle de développement soutenable quand la population mondiale atteindra 10 ou 12 milliards d’individus°? «°La mondialisation des échanges et de la consommation globalisée de certains produits créent potentiellement des pénuries de ressources°» a expliqué Guillaume Gandelin, chercheur au Lépac (Laboratoire indépendant de géopolitique et de prospective).

Premier défi, répondre à la raréfaction d’un bien commun par excellence : l’air. « Selon les calculs du GIEC, il nous reste à consommer de notre budget carbone environ 1000 Gt si nous continuons à émettre à ce niveau (environ 50 Gt de CO2 /an). Le budget aura donc été épuisé en vingt ans si nous ne changeons pas rapidement notre mode de production et de consommation. Le réchauffement climatique risque de créer bien d’autres raretés avec des conséquences extrêmes sur la vie humaine, au travers des raretés alimentaires » avertit Eric Van La Beck, directeur du pôle ISR chez OFI AM.
Dans ce contexte, l’élection de Donald Trump est lourde d’incertitudes. « La nomination de climatosceptiques à des postes clés pourrait encourager le recours aux anciennes énergies, mais le changement est déjà en marche aux États-Unis et les sociétés américaines ont pris conscience du problème climatique° » relève toutefois Benjamin Louvet, gérant matières premières chez OFI AM. Or, la réalisation des objectifs de la COP°21 repose davantage sur la volonté des acteurs économiques que politiques.

Sans progrès rapide, la frugalité énergétique s’imposera

La question de la raréfaction des ressources naturelles et du réchauffement climatique ne doit pas se limiter aux objectifs de la COP 21. Selon les prévisions de l’Agence Internationale de l’Énergie, la consommation d’énergies fossiles devrait encore représenter près de 75% du mix énergétique à l’horizon de 2040, contre 81% aujourd’hui, si les accords de Paris sont appliqués à la lettre. Respecter l’objectif de limitation du réchauffement climatique à 2°C à l’horizon de 2100 implique pourtant un changement rapide des mentalités. Nous sommes encore loin du compte. Néanmoins, les solutions technologiques existent. « Il faut investir dans l’optimisation des ressources, comme le moteur 2L/100 ou l’isolation des bâtiments par exemple. La fiscalité et la loi ont un rôle important à jouer. Sans progrès rapide, il faudra en venir à la frugalité énergétique » précise Benjamin Louvet.

Xavier Gorce - Conférence OFI 2017

Repérer les entreprises innovantes : l’exemple de Carbios

Les investisseurs doivent savoir repérer les entreprises qui vont présenter des technologies de rupture ou des avancées significatives en matière d’efficience énergétique. « Sous l’angle financier, c’est devenu un secteur profitable. Les projets éoliens délivrent des taux de rendement interne entre 7 et 12% en fonction des régions et des prix négociés pour le rachat de l’électricité produite » relève Béryl Bouvier di Nota, responsable des gestions actions Small & Mid Caps chez OFI AM. D’autant que le vivier le plus intéressant des entreprises innovantes se trouve effectivement dans l’univers des Small Caps, voire des microcaps.

Un exemple ? «° L’entreprise française Carbios travaille sur la biodégradation et le bio-recyclage à l’infini de certains plastiques grâce à un procédé unique de dépolymérisation. Or, sur 100 millions de tonnes de déchets plastiques, seulement 10% sont, aujourd’hui, recyclés » assure Béryl Bouvier di Nota. Les opportunités d’investissement sont nombreuses et les ruptures technologiques permettront de dépasser, sans doute plus vite que prévu, les habitudes de consommation actuelles. À condition d’investir massivement dans la recherche et le développement pour parvenir à la troisième révolution industrielle.

3 QUESTIONS À GUILLAUME GANDELIN, CHERCHEUR AU LÉPAC

L’épuisement des ressources est-il une réalité ?

G.G. : Les exemples de la réduction des captures de pêche ou de la raréfaction du cacao illustrent parfaitement ce phénomène qui mène à la pénurie : d’un côté, une offre non extensible qui s’essouffle, de l’autre une consommation qui augmente grâce à l’essor d’une classe moyenne dans certains pays émergents (Chine, Inde, Brésil).

La globalisation de la consommation de certains produits est aussi le signe que la pauvreté recule dans le monde

G.G. : En effet. La part de la population mondiale vivant dans l’extrême pauvreté, c’est-à-dire avec moins de deux dollars par jour, selon la définition officielle, a reculé rapidement au cours des vingt dernières années. En 1990, elle dépassait 36%. En 2015, elle ne représente plus que 11,4%. Dans ce contexte, il faut trouver des voies pour répondre à l’exigence de prospérité d’une part croissante de la population mondiale sans risquer de rompre les équilibres économiques et écologiques indispensables.

Au-delà du progrès technologique indispensable et de l’évolution des législations ou de la fiscalité, l’évolution des comportements va-t-elle dans le bon sens ?

G.G. : Oui si un effort suffisant de pédagogie et d’éducation est réalisé. Un exemple intéressant a été testé à Stockholm. La municipalité a proposé la mise en place d’un péage urbain et une majorité de citadins a voté « contre ». Malgré tout, le péage a été mis en place pour trois mois. Les embouteillages ont cessé. Quand le péage a été levé, les embouteillages sont revenus. La municipalité a alors organisé un nouveau vote et cette fois-ci, une large majorité des habitants de la capitale suédoise a voté « pour ».

Guillaume Gandelin, Chercheur au LÉPAC - Conférence OFI 2017

LE MONDE DE DEMAIN - Raretés : quelle nouvelle donne économique ?

Les marchés attendent beaucoup du plan de relance budgétaire de Donald Trump mais le retour des tensions commerciales est aussi à redouter. En Europe, des négociations difficiles sur le Brexit et la situation préoccupante de l’Italie constituent des risques potentiels.

Si la croissance mondiale devrait accélérer en 2017 au-delà de 3%, les incertitudes restent toutefois nombreuses. Les investisseurs veulent croire que le plan d’infrastructures annoncé par Donald Trump va tenir ses promesses, mais ce dernier a aussi vanté les mérites du protectionnisme. « Nous avons d’un côté un hyper-keynésianisme avec un projet de relance budgétaire et fiscale qui n’a pas été vu depuis 2009 et de l’autre, un nationalisme commercial en germe, notamment envers la Chine et le Mexique, qui pourrait créer des tensions. Il est encore trop tôt pour savoir où l’administration Trump mettra le curseur » estime Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS. L’autre sujet politique principal de l’agenda 2017 reste le Brexit. Le référendum du 23 juin a été rapidement digéré par les marchés mais les négociations vont prendre du temps. « Il faut arrêter de se raconter des histoires. Le Brexit va prendre dix ans ! On ne se sépare pas d’une entité qui représente 17% du PIB européen en quelques mois. Le processus s’annonce brouillon et long » prévient Jean-Pierre Petit, président des Cahiers verts de l’économie.

Incapacité structurelle de l’Italie à rebondir

Le problème du Brexit est aussi celui de l’Europe. La montée des populismes pourrait durablement déstabiliser le « vieux continent » alors que le calendrier électoral est particulièrement chargé cette année : élections législatives aux Pays-Bas en mars, présidentielles en France en avril/mai suivies des législatives en juin, des législatives en Hongrie en avril, et enfin des législatives en Allemagne en septembre. Mais le pays qui restera sous les projecteurs des marchés en 2017 est sans conteste l’Italie. « Derrière les difficultés des banques italiennes, il y a surtout une incapacité structurelle à rebondir d’un pays dont l’appareil industriel se heurte de plein fouet à la mondialisation » rappelle Elie Cohen, alors que l’échec du référendum institutionnel proposé par Matteo Renzi a aussi prouvé la difficulté du pays à réformer son système politique. Un pessimisme confirmé par Jean-Pierre Petit : « Au-delà de l’instabilité politique, l’Italie offre le triste record d’une croissance moyenne de 0,7% par an depuis 25 ans. Son PIB par habitant est inférieur à son niveau de 1997. »

Fin d’un cycle durable de baisse des taux

Le Brexit et les difficultés économiques européennes doivent être l’occasion d’une profonde refonte des institutions européennes. «° Il faut repenser la construction européenne en créant de nouveaux mécanismes européens de solidarité » pense Elie Cohen. « Un véritable plan Marshall devrait être mis en place pour faire de l’Europe un lieu d’innovation mais surtout de développement des entreprises innovantes, ce qui n’est pas le cas » constate Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de Haute Finance et membre du Haut Conseil des Finances Publiques. Au niveau mondial, la croissance a tendance à s’essouffler sur longue période en raison d’un ralentissement important de la croissance de la productivité. « Aux États-Unis, elle n’augmente plus que de 1,2% par an en moyenne depuis l’été 2009, contre une moyenne de 2,8% au cours des 11 derniers cycles expansifs qui ont suivi la deuxième guerre mondiale » relève Jean-Pierre Petit. Les politiques monétaires ont joué un rôle considérable depuis la crise financière pour éviter un effondrement général mais elles arrivent au bout de leur logique. « Avec la fin du cycle de baisse des taux, le risque va, à nouveau, être davantage rémunéré. Les opportunités d’investissement vont être plus nombreuses mais il y aura des perdants » estime Philippe Dessertine.

Conférence OFI 2017 : panel de gérants

INFLEXION DES BANQUES CENTRALES, NOUVELLE DONNE POLITIQUE - Comment investir en 2017 ?

Le cycle de relèvement des taux a commencé et oblige les investisseurs à repenser leur stratégie pour 2017.

L’année 2016 a incontestablement marqué la fin d’un cycle. Le point bas des taux est maintenant derrière nous (le taux à 10 ans US a touché son plus bas niveau le 8 juillet dernier). « Les investisseurs ont expérimenté un univers de taux négatifs. Mais le remède proposé par les Banques Centrales (baisse des taux d’intérêt, plans massifs d’achats d’actifs) s’est avéré au final pire que le mal à traiter. Jusqu’à présent, ces dernières faisaient tout ce qu’elles pouvaient pour avoir des taux bas, désormais elles doivent gérer leur normalisation progressive » relève Eric Bertrand, directeur des gestions taux et diversifiées d’OFI AM.

Cette normalisation devrait passer en 2017 par trois hausses de taux de 25 points de base du côté de la Fed. À la fin de ce cycle économique vers 2018/2019, les taux courts américains devraient se situer autour de 2-2,5%. Pour la BCE, aucune hausse des taux n’est envisagée cette année tant la reprise économique reste fragile en Europe, mais la normalisation passera par la réduction de 80 à 60 milliards d’euros des achats d’actifs (QE) par mois à partir d’avril prochain. Un « soft tapering » habile pour ne pas déstabiliser les marchés. Quant à la Bank of Japan (BoJ), son objectif sera de maintenir le taux à 10 ans au-dessus de 0% et de piloter la courbe des taux dans le sens d’une plus grande pentification.

Jean-Marie Mercadal, Directeur Général Délégué en charge des gestions - OFI Asset Management
Jean-Marie MERCADAL
Directeur Général Délégué
en charge des gestions

« L’environnement a changé : la croissance mondiale se porte mieux (le FMI anticipe +3,4% en 2017) après une année 2016 encore difficile, notamment aux États-Unis qui ont surpris négativement. Depuis le quatrième trimestre 2016, le momentum des révisions à la baisse des prévisions de bénéfices s’est enfin inversé sur les indices EuroStoxx 50 et S&P 500. Le rendement du taux à 10 ans allemand est rapidement remonté, mais une stabilisation à court terme autour de 0,5% est attendue. Si le retour du risque politique est une réalité en Europe, il ne doit pas être surestimé tant il est intégré par le marché en amont. En attendant, tous les indices boursiers américains viennent de battre leurs records historiques. »

Le marché du crédit reste globalement cher

Le marché du crédit reste globalement cher Une fois de plus, le marché américain restera clé pour déterminer la tendance générale de l’année sur les places boursières mondiales. « Nous pensons que Donald Trump n’appliquera que partiellement son programme car il n’en aura pas les moyens budgétaires, ni politiques. Dans ce contexte, les marchés obligataires et le dollar devraient se stabiliser et Wall Street enregistrer de nouveaux plus hauts historiques » analyse Jean-Marie Mercadal, Directeur Général Délégué en charge des gestions d’OFI AM.

Du côté des marchés obligataires, les opportunités se font plus rares en période de remontée des taux et de baisse des valorisations. «°C’est une période délicate à aborder pour les investisseurs obligataires. Le crédit est globalement cher mais les opportunités existent, notamment dans « l’Investment Grade » tant que la BCE poursuit ses achats via le QE. Par ailleurs, les obligations indexées sur l’inflation en « break-even », qui permettent de profiter du retour de l’inflation, en étant exposées aux anticipations d’inflation tout en se couvrant du risque de taux réels par la vente de taux nominaux classiques, présentent un profil particulièrement attractif dans le contexte actuel, tout comme les obligations convertibles » explique Eric Bertrand.

Depuis fin 2016, les prévisions de bénéfices sont désormais révisées à la hausse

Des valeurs financières toujours attractives

En revanche, l’année 2017 s’annonce toujours prometteuse sur les marchés actions. Dans un contexte d’amélioration de la conjoncture globale, les valorisations restent raisonnables malgré la hausse du dernier trimestre, avec notamment un rendement (dividendes versés) proche de 3,5%*. Par ailleurs, après des années de révision à la baisse, les estimations de bénéfices sont désormais révisées à la hausse depuis le 4ème trimestre 2016. Pour 2017, leur croissance devrait sensiblement accélérer pour se situer aux alentours des 10%*. Dans ce contexte, vers quels secteurs s’orienter ? « Après 35 ans de baisse des taux et l’achèvement d’un cycle, les secteurs qui en ont bénéficié vont moins avoir le vent en poupe. En revanche, les valeurs financières gardent toujours une valorisation très attractive » estime Olivier Baduel, responsable des gestions actions Large Cap chez OFI AM, qui a choisi également de mettre en avant le secteur des services informatiques (digitalisation de l’économie), ainsi que le secteur automobile. En proie aux scandales sur le diesel depuis le déclenchement de l’affaire Volkswagen, les constructeurs n’en gardent pas moins un réel potentiel d’appréciation.

Au niveau géographique, les actions européennes doivent être privilégiées, en raison de leur valorisation plus faible que celle des actions américaines, malgré le Brexit et l’incertitude politique des prochains mois (élections aux Pays-Bas, en France, en Allemagne). En 2017, il conviendra également de regarder à nouveau les marchés émergents. « L’environnement de hausse de taux implique de s’intéresser à des pays présentant un faible déficit budgétaire ou commercial. Le Brésil et la Russie offrent des rendements attractifs. En Chine, les entreprises des secteurs de la consommation et de la santé devraient continuer de profiter du développement du marché domestique, dans le cadre du basculement d’une économie exportatrice très liée à la demande mondiale vers un modèle davantage centré sur l’essor du marché intérieur » estime Xinghang Li, responsable des marchés émergents chez OFI AM.

* Source : Factset
Mécénat artistique - OFI Asset Management

UNE POLITIQUE DE MÉCÉNAT TOURNÉE VERS LES ARTISTES ET LES COLLABORATEURS

Depuis près de trente ans, le Groupe OFI incite ses salariés à identifier des artistes qu’ils souhaitent voir soutenir.

Voilà 27 ans que le Groupe OFI explore la création artistique à travers une politique de mécénat active, au bénéfice des artistes, mais aussi des collaborateurs. La première exposition réalisée dans les locaux date en effet de 1990. Elle a depuis été suivie par plus de 150 autres. Plus de 300 artistes, dont 160 peintres, 140 sculpteurs et 15 photographes ont ainsi été soutenus. « Alors que deux artistes nous avaient demandé de pouvoir exposer dans nos locaux, c’est la visite de la Fondation Barnes à Philadelphie, au début des années 90, qui m’a convaincu de l’intérêt de constituer une collection d’œuvres d’art de notre époque. Nous avons très vite été dépassés par notre succès, recevant de très nombreuses sollicitations d’artistes » se remémore Gérard Bourret. Le choix des artistes se fait dans le cadre d’un comité animé par Nathalie Carral, responsable du Mécénat. Chaque artiste sélectionné bénéficie d’une exposition de ses œuvres dans les locaux d’OFI pendant deux mois en moyenne. La société achète une œuvre à chaque artiste qui s’engage à en offrir une également pour la collection OFI.

« Nous avons créé un univers de travail qui a de la personnalité »

Si la vocation de cette initiative était d’accompagner des artistes contemporains, de tous les horizons, son objet fut aussi dès ses débuts de créer des moments de convivialité au sein de l’entreprise et de sensibiliser les collaborateurs à l’art. « Un vernissage est organisé lors de chaque nouvelle exposition, tous les deux mois environ, et il est l’occasion de rencontres entre nos équipes et nos partenaires. Mais j’ai voulu aussi que chacun d’entre nous soit partie prenante dans le choix des œuvres » détaille Gérard Bourret.

C’est ainsi que tous les collaborateurs d’OFI sont encouragés à présenter l’artiste qu’ils souhaitent voir soutenu par l’entreprise. « Grâce à ces tableaux et sculptures présents à tous les étages de notre immeuble, nous avons ainsi réussi, au fil des années, à créer un univers de travail qui a de la personnalité » se réjouit Gérard Bourret. Une exposition permanente a même été installée dans l’escalier principal, créant ainsi un musée atypique, qui incite à ne pas emprunter l’ascenseur : The OFI Experience

Source des indices cités : www.bloomberg.com - Photos : OFI AM / Shutterstock.com / NASA

Les chiffres cités ont trait aux années écoulées.
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