Par Yannick LOPEZ

Le ministre italien des Finances vise un déficit maximum de 1,6% pour 2019

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, décrypte les tendances des marchés sur BFM Business et revient notamment sur le déficit maximum de 1,6% pour 2019 que vise le ministre italien des Finances
BFM Business - Intégrale Bourse 17/09/2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, décrypte les tendances des marchés et revient notamment sur le déficit maximum que vise le ministre italien des Finances pour 2019.

Les taux à 10 ans italiens affichent une détente assez spectaculaire de 10 points de base alors qu’ailleurs en Europe, notamment en France et en Allemagne, les taux se tendent entre 1 et 2 points de base. L’Italie continue de « surfer » sur les déclarations de bonnes intentions de son ministre des Finances, Giovanni Tria, défini par les marchés financiers comme étant « l’homme rempart » du fait de sa rigueur budgétaire et de ses tonalités constructives en matière de dépenses.
Mais pour le moment tout reste à négocier. Le 27 septembre, le gouvernement doit présenter un premier projet de budget pour l’année prochaine au Parlement italien puis, le 15 octobre, il devra le proposer à Bruxelles a l’instar de tous les autres gouvernements européens.
Pour l’heure, il n’y a aucune certitude, ni aucun chiffre sur l’ampleur du déficit hormis le fait qu’il sera assurément en hausse. En effet, le projet initial, si rien n’était fait, projetait un déficit de 0,9% en 2019 mais actuellement, les estimations varient entre 1,5%, chiffre assez positif pour les marchés, et 3% qui représentent la limite imposée par Bruxelles. Un chiffre au-dessus de 2% serait probablement interprété assez négativement par les marchés.

Plus globalement, hormis le cas spécifique italien, la pression semble retomber un peu partout avec un taux 10 ans américain à 3% et un 10 ans allemand qui remonte à près de 50 points de base.

En Europe, la situation est particulière car les zones de tensions politiques, notamment en Italie, ont eu pour conséquence un jeu de vases communicants. En effet, les taux périphériques espagnols et italiens se sont tendus pendant que les taux dits « cœur » jouaient les réceptacles naturels à l’image du taux 10 ans allemand à 0,30%.
La tension semble retomber à la vue d’un taux allemand remonter en direction de 0,50%. Cependant, dans le même temps, la croissance en Allemagne est estimée à 2% voire un peu au-dessus et l’inflation globale autour de 2% également. Sachant qu’aujourd’hui, la croissance du PIB global est de l’ordre de 4% en zone Euro, alors des taux à 10 ans affichant environ 0,5% en Allemagne et 0,8% en France semblent assez loin des fondamentaux.

Aux Etats-Unis, les taux ont légèrement dépassé 3% pour des raisons complètement différentes. L’économie américaine se porte très bien avec un deuxième trimestre au-dessus de 4% annualisés et selon certaines estimations, un troisième trimestre se présentant sous les meilleurs auspices. La croissance se trouvent donc largement au-dessus du potentiel et en très nette accélération (relance fiscale, baisse des impôts…).