Par Yannick LOPEZ

Le marché obligataire est-il entré en marché baissier ?

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, sur BFM Business, le 29 janvier 2018 : le marché obligataire est-il entré en marché baissier ?
BFM Business - Intégrale Bourse 29/01/2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, et Jean-François Bay, Directeur de la Stratégie et du Développement de La Financière de l'Échiquier, ont décrypté les tendances des marchés.

C’est parti pour le grand « Bear Market » obligataire : la baisse du marché obligataire et la remontée des rendements. Depuis quelques mois, on peut observer un mouvement significatif qui se met en place et qui s’est accéléré ces derniers jours. Ainsi, la taux 10 ans américain se retrouve à +2,7%, au plus haut depuis avril 2014.
Qu’est-ce qui motive ce mouvement de remontée des taux ?

Yannick Lopez : « Quand on part de 0 sur les taux en zone Euro, comme c’était le cas il y a quelques mois, nous sommes forcément dans une tendance de remontée des taux. Cette normalisation des taux était anticipée même si on l’attendait un peu plus rapide : il y a un an, chez OFI Asset Management, l’objectif sur le 10 ans allemand à fin 2017 était autour de 0,75% et celui-ci a terminé à 0,45%. L’année dernière, nous avons donc été surpris par la modeste remontée des taux d’intérêts mais ce que l’on peut observer aujourd’hui, c’est la poursuite logique de la normalisation de la courbe des taux d’intérêts.
Nous sommes dans un contexte où l’économie tourne presque à plein régime et même au-dessus de son potentiel de croissance en zone Euro. Le taux de chômage baisse continuellement et les indices de confiance sont au plus haut depuis très longtemps. La politique monétaire ultra accommodante actuelle n’est plus justifiée. La facilité de dépôt de la Banque Centrale Européenne qui fait office aujourd’hui de principal taux directeur, compte tenu des excès de liquidités monstrueux dans l’euro-system, est toujours négative à -0,40%. Quand une économie en zone Euro tourne autour de 2,5% avec une inflation cœur autour de 1%, avoir une facilité de dépôt négative à -0,40% n’est pas justifié d’autant que la Banque Centrale Européenne est toujours impliquée dans son programme de rachat d’actifs.
Ce que les marchés doivent surveiller actuellement, c’est la rapidité de ce mouvement. »