Par Yannick LOPEZ

Le débat américain sur la réforme fiscale au sénat pourrait-il donner lieu à un vote de réconciliation ?

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, sur BFM Business, le 27 novembre 2017 : le débat américain sur la réforme fiscale au sénat pourrait-il donner lieu à un vote de réconciliation ?
BFM Business - Intégrale Bourse 27/11/2017

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, et Éric Franceschini, Directeur de la gestion de Bordier & Cie France, ont décrypté les tendances des marchés.

Grégoire Favet : « Nous observons un mouvement de réappréciation de l’euro qui avait été stoppé pendant quelques semaines et qui semble repartir aujourd’hui. Qu’est-ce qui explique ce mouvement ? Faut-il faire le lien avec les anticipations de marchés vis-à-vis de la politique de la Banque Centrale Européenne ? »

Yannick Lopez : « Si l’on veut être logique, si l’on anticipe une Banque Centrale Européenne un peu plus dure dans ses positions et expliquant qu’elle va peut-être accélérer le mouvement de fin de politique monétaire ultra accommodante, ce qui devrait être un facteur haussier sur l’euro, on devrait voir les taux se tendre. Ce n’est pas le cas. »

Grégoire Favet : « Pour que le raisonnement soit juste, il manque effectivement cette validation par le marché obligataire. »

Yannick Lopez : « Aujourd’hui, nous avons certes des taux d’intérêt qui ne sont pas revenus totalement à leur point de départ de début d’année, mais pas loin. Les taux allemands ont notamment commencé l’année sur le 10 ans à 0,20% pour arriver aujourd’hui à 0,35% en passant par 0,60% en cours d’année. Nous avons pourtant un contexte macroéconomique assez booming en zone Euro, notamment en Allemagne, et le taux reste pourtant à 0,35%. Je ne suis donc pas certain que la réappréciation de l’euro soit totalement liée à un changement de vue des investisseurs sur la Banque Centrale Européenne. »

Grégoire Favet : « Ce mouvement est-il donc limité ? Est-il préférable de se concentrer sur la partie dollar à court terme ? »

Yannick Lopez : « C’est une balance, si l’euro monte, le dollar baisse. Nous savons qu’aux Etats-Unis, la dynamique de croissance n’est pas la même qu’en Europe. En début d’année, le consensus sur la croissance américaine était de 2,2%, celle-ci est toujours à 2,2%. En zone Euro, le consensus de début d’année tablait sur une croissance de 1,4%. Nous sommes aujourd’hui à 2,2%. Cette différence de dynamique de croissance est un facteur de soutien à l’euro… »