Par Yannick LOPEZ

La normalisation monétaire amorcée par la BCE et la FED sera un thème majeur de l'année 2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, sur BFM Business, le 18 décembre 2017 : la normalisation monétaire amorcée par la BCE et la FED sera un thème majeur de l'année 2018
BFM Business - Intégrale Bourse 08/01/2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, et Marco Bruzzo, Directeur Général Délégué de Mirabaud Asset Management, ont décrypté les tendances des marchés.

2018 sera certainement un peu plus compliquée que l’année dernière sachant qu’en 2017, on ne s’attendait pas à une année aussi bonne sur l’obligataire, notamment sur le crédit. Selon toute logique, 2018 devrait être une année de remontée des taux. Les taux allemands l’ont déjà amorcée en 2017, en affichant des niveaux de 0,43% de taux contre 0,2% fin 2016.
Nous sommes donc en présence d’une petite remontée de taux qui devrait se situer d’ici 12 mois entre 0,8% et 1%, dans un scénario central, à savoir que la Banque Centrale Européenne va arrêter ses achats nets possiblement fin septembre et de manière quasi certaine en 2018. Il n’y aura donc pas d’extension du programme de rachat d’actifs jusqu’en 2019.
Le scénario d’un arrêt « brutal » fin septembre ne me semble pas être cependant totalement dans le marché car pour beaucoup, une réduction progressive va apparaître après fin septembre. Fin octobre, lors de la réunion de la Banque Centrale Européenne, Mario Draghi avait expliqué que l’extension de son programme jusqu’à septembre 2018 ne s’achèvera pas de façon brutale. Il n’a pas réitéré ce propos depuis.
Depuis deux mois, nous sommes également en présence de voix dissidentes, pas uniquement allemandes, pour un arrêt de ce programme.

Aujourd’hui, tous les mois, la BCE et les Banques Centrales Nationales rachètent 30 milliards d’actifs supplémentaires, c’est ce que l’on appelle les achats « nets ».
Le portefeuille gigantesque que la BCE s’est construit à l’aide de tous ses achats effectués depuis maintenant deux ans et demi s’appelle le stock.
La Banque Centrale Européenne a annoncé qu’elle réinvestissait les obligations de son « stock » qui arrivaient à échéance, donc ajoutés aux achats « nets », c’est ce que l’on appelle les achats « bruts ».
Elle va donc continuer à investir tout ce qui arrive à maturité et sera donc acheteuse d’obligations dans les marchés pendant encore des années.