Par Benjamin LOUVET

La bataille commerciale entre Washington et Pékin se durcit

Benjamin Louvet, Gérant des Matières Premières chez OFI AM, sur BFM Business, le 4 avril 2018 : la bataille commerciale entre Washington et Pékin se durcit
BFM Business - Intégrale Bourse 04/04/2018

Benjamin Louvet, Gérant matières premières chez OFI AM, et Quentin Perromat, Directeur Général et responsable de la gestion d'AssetFi, ont décrypté les tendances des marchés et se sont notamment intéressés au durcissement de la bataille commerciale entre les États-Unis et la Chine.

La volatilité remonte et les marchés sont en baisse : en début de séance, les indices américains affichent entre -1,5% à -2% et l’Europe entre -0,5% et -1%. Ce n’est pas un krach boursier mais un marché plus compliqué et volatile qui est soumis à l’escalade politique entre Washington et Pékin puisque les produits visés sont stratégiques d’un point de vue industriel mais également électoral. L’un des produits clés ciblé par la Chine en rétorsion aux mesures américaines est le soja.
Le marché réagit aux annonces de Pékin et notamment le cours du soja.

Benjamin Louvet : « Pour les Etats-Unis, le marché chinois en matière de soja est extrêmement important, de 12 à 13 milliards de dollars. La récolte de soja au Etats-Unis atteint 120 millions de tonnes dont un tiers part à destination de la Chine qui représente 60% du total des exportations de soja depuis les Etats-Unis.
Nous sommes actuellement dans une période de discussion due à des problématiques électoralistes. En effet, huit des neuf plus gros exportateurs de soja ont voté pour Donal Trump lors des précédentes élections donc s’attaquer au soja, c’est s’en prendre à la « base » du Président américain.
Négocier aujourd’hui sur le soja avec les Etats-Unis est un bon timing car la fin de campagne d’exportation s’approche pour les américains.
Mais quelles conséquences pour les semis de l’année prochaine ? La stratégie chinoise est particulièrement efficace car les semis ont déjà été achetés par les agriculteurs américains. Ces derniers ne peuvent pas faire machine arrière et se retrouvent donc coincés alors que les seconds plus gros semis de soja de l’histoire sont attendus cette année.
Cependant, la fin de campagne approche alors cette récolte ne s’effectuera qu’à partir de l’automne. Commence donc une période de discussion.
La Chine, en mettant la pression sur une récolte qui est quasiment impérative pour les Etats-Unis, s’offre les meilleures chances d’obtenir de bonnes contreparties de la part de Donald Trump, en appuyant particulièrement sur le fait que huit des neuf Etats exportateurs de soja ont voté pour lui. »