Par Yannick LOPEZ

Jusqu'où Donald Trump est-il prêt à aller face à la Chine ?

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, est intervenu sur BFM Business au sujet de la question commerciale qui oppose la Chine et les Etats-Unis.
BFM Business - Intégrale Bourse 03/09/2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, intervient au sujet de la question commerciale qui oppose la Chine et les Etats-Unis. Mais jusqu'où Donald Trump est-il prêt à aller face à la Chine ?

La Chine peut potentiellement se voir taxer de droits de douane pour 200 milliards de produits d’importation supplémentaires. La consultation publique prend fin le mercredi 5 septembre et des tweets seront très certainement diffusés pour connaître la suite des événements.
Ayant été l’un des points de stress avec l’Italie qui ont agité les marchés cet été, l’enjeu est très important pour la Chine qui est devenue la deuxième économie mondiale. Mais c’est un géant aux pieds d’argile car contrairement aux pays développés comme les Etats-Unis, la demande intérieure chinoise n’est pas l’essentiel du PIB (40% du PIB) et par conséquence, la Chine a actuellement besoin de soutenir les investissements et d’avoir un commerce extérieur vigoureux sous peine de voir son économie ralentir fortement. Ces derniers temps, elle a multiplié les effets d’annonce et quelques mesures ont été prises, notamment en termes d’assouplissement financier pour faciliter l’octroi de crédit. Elle parle également d’une réforme fiscale pour baisser le taux d’imposition.
Ces mesures prises par la Chine ont pour but de compenser les effets négatifs dans le cas où Donald Trump décidait de taxer ses produits. La stratégie du Président américain est avant tout électoraliste puisqu’il a en ligne de mire les élections de mi-mandat (United States midterm election) qui auront lieu le 6 novembre prochain. Dans cette optique, il a absolument besoin de résultats positifs sur la scène internationale et notamment ses fameux deals (Mexique, Canada). Mais le temps lui est compté car même si il a le pouvoir de négociation, c’est le Congrès qui in fine ratifie les nouveaux accords commerciaux.