Par Yannick LOPEZ

Italie : la dette reste sous tension après le projet de budget

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, décrypte les tendances des marchés sur BFM Business et intervient notamment sur la dette italienne qui reste sous tension après le projet de budget
BFM Business - Intégrale Bourse 01/10/2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, décrypte les tendances des marchés et intervient notamment sur la dette de l'Italie, toujours sous tension après le projet de budget

En fin de semaine dernière, les tensions et les écartements de primes de risques se sont à nouveau ravivées en Italie. Quelle sera la réponse formulée par la Commission européenne au cadrage budgétaire italien qui a été présenté jeudi dernier ?

Effectivement, un projet de déficit pour les trois prochains exercices fiscaux (de 2019 à 2021 inclus) a été proposé par le gouvernement à 2,4% de déficit sur PIB. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les marchés qui anticipaient plutôt 1,6% voire 1,7% de déficit, selon la déclaration du Ministre des Finances, Giovanni Tria. Pour rappel, l’ancien projet de budget, avant la formation du nouveau gouvernement en place depuis la fin du printemps, annonçait 0,8% de déficit l’année prochaine. Il y a donc une déviation très significative par rapport aux anciens engagements pris par l’Italie.
On peut s’interroger sur le fait de « tirer à boulets rouges » avec un déficit à 2,4% quand la France prévoit 2,8% de déficit en 2019. Non pas que la France soit extrêmement vertueuse en termes de déficit et de dettes, mais la situation de l’Italie est pire puisqu’elle a un ratio de dette sur PIB à 130%. Par conséquent, la rigueur budgétaire de la Commission européenne est nécessaire pour contenir l’évolution de la dette, faire en sorte qu’elle commence à s’inverser et que ce ratio dette sur PIB cesse d’augmenter.

Et maintenant, que va-t-il se passer ?

Pour le moment, hormis l’annonce du chiffre de 2,4%, nous avons peu de détails sur sa répartition et sur la façon dont il va être scindé entre les différentes dépenses.
Les marchés ont mal accueilli ces 2,4% : les taux d’intérêt se sont tendus sur le 10 ans d’environ 40 points de base sur une journée.
La prochaine étape sera le 15 octobre où l’ensemble des gouvernements de l’Union Européenne doivent présenter à la Commission européenne leur projet de budget avec plus de détails. Le marché restera attentif à ces éléments plus chiffrés plutôt qu’à un simple pourcentage qui lui a fait peur.