360 degrés - #4 Septembre 2018 - Par Jean-Pierre GRIMAUD, Jean-Marie MERCADAL, Eric BERTRAND, Michaël FAY, Sophie BIGEARD, Magali HABETS, Christophe FRESPUECH, Eric VAN LA BECK, Eric TURJEMAN

Investir responsable, c'est bâtir un projet d'avenir

ENTRETIEN
Jean-Pierre Grimaud, Directeur Général d'OFI AM

Entretien avec Jean-Pierre Grimaud, Directeur Général d’OFI AM
« Nous souhaitons apporter à nos partenaires et à leurs clients notre savoir-faire en matière d’accompagnement »
Comment le positionnement d’OFI Asset Management a-t-il évolué ces dernières années ?

Historiquement, le Groupe OFI, filiale de mutuelles d’assurance, a un ancrage très fort dans le monde institutionnel. Notre vocation a toujours été de combiner la gestion de portefeuilles et les services à nos clients investisseurs. C’est cette approche que nous mettons désormais en œuvre dans le monde de la distribution. Nous souhaitons apporter à nos partenaires distributeurs et à leurs clients notre savoir-faire en matière d’accompagnement et de services. Cette démarche s’appuie aussi sur notre expérience de la clientèle des particuliers développée auprès de nos actionnaires distributeurs, Macif et Matmut en particulier.

Quelles initiatives avez-vous prises sur ce marché de la distribution ces derniers mois ?

Notre expérience s’est encore enrichie ces derniers mois grâce à notre prise de participation dans le Groupe Crystal – Expert & Finance, l’un des tout premiers réseaux français de Conseillers en Gestion de Patrimoine et le projet d’acquisition, en partenariat avec Crystal et Apicil, de la plateforme Finaveo. Deux opérations qui nous permettent d’améliorer encore notre compréhension des attentes des acteurs de l’univers de la gestion de patrimoine et d’enrichir la palette de nos offres. À l’heure où les CGP doivent restreindre leur nombre de fournisseurs pour se concentrer sur ceux qui leur apporteront les moyens de se mettre en adéquation avec leurs nouvelles obligations, notamment de conseil et de suivi de leurs clients, le Groupe OFI a une belle carte à jouer, grâce à son offre combinée de produits et de services.

Précisément, quel mode de relation souhaitez-vous instaurer avec vos partenaires distributeurs ?

Les exigences toujours plus fortes qui pèsent sur les Conseillers en Gestion de Patrimoine en matière de connaissance client (KYC) nécessitent de mettre en place des processus rigoureux. La parfaite connaissance du passif de nos clients et de leurs contraintes est dans nos gènes en tant que gérant pour le compte d’investisseurs institutionnels. Nous souhaitons donc accompagner les gestionnaires de patrimoine dans cette démarche, en les aidant à mieux appréhender les besoins de leurs clients afin d’y répondre. Concrètement nous serons à même d’offrir à nos partenaires des outils, en particulier des outils de connaissance client, qui leur permettront de bien remplir leur devoir de conseil et d’élaborer les meilleures solutions d’investissement. Les évolutions technologiques récentes, qui s’illustrent par l’émergence de nouveaux acteurs tels que les fintechs, nous permettent de mettre à disposition des outils de nouvelle génération, en phase avec ces nouveaux besoins.

En tant qu’acteur majeur de l’investissement responsable, comment abordez- vous le marché de l’épargne”?

Tout d’abord, nous sommes convaincus que les préoccupations des particuliers concernant les enjeux environnementaux, le changement climatique, vont les amener à s’orienter de plus en plus vers des produits qui y répondent. Plus largement leur souhait de connaître quel usage est fait de leur épargne, quels types de projets sont financés, nécessite de leur offrir des solutions d’investissement responsable, ainsi qu’une meilleure transparence. Bien appréhender cette tendance de fond sera un vrai défi pour tous les acteurs du marché de l’épargne.

Or OFI AM s’est forgé depuis plus de 20 ans une expérience approfondie sur ces thématiques et bénéficie d’un véritable savoir-faire. Nous sommes désormais l’un des leaders du marché français de l’investissement responsable, nos gestions bénéficiant de la recherche d’une équipe expérimentée d’analystes ESG (lire encadré).
Il faut donner aux Conseillers en Gestion de Patrimoine et à leurs clients les moyens d’agir en faveur d’une finance responsable. Leur donner l’opportunité de mettre en œuvre leurs convictions, d’être en cohérence avec leurs valeurs. Et ceci d’autant plus que la régulation est de plus en plus incitative. Sociétés de gestion et investisseurs institutionnels ont l’obligation de détailler comment ils prennent en compte les enjeux ESG depuis la mise en œuvre de la Loi de Transition Énergétique (LTE) et bientôt les directives MIF et distribution d’assurances (DDA) devraient exiger des distributeurs qu’ils interrogent leurs clients sur leur intérêt pour ces enjeux ESG, afin d’améliorer l’adéquation des produits d’épargne proposés (lire ici) à leurs profils.

Quel regard portez-vous sur le débat concernant le « fléchage » des investissements des épargnants vers les entreprises ?

Il me semble que la vocation première des CGP et des gérants d’actifs est de permettre aux épargnants de se constituer une épargne qui couvre parfaitement leurs besoins. L’objectif de financement de l’économie ne peut prévaloir sur l’objectif absolu d’élaboration d’une allocation d’actifs en phase avec les projets familiaux et professionnels, l’horizon d’investissement, l’appétence aux risques, et donc aussi la sensibilité aux enjeux ESG.

UN LEADER DE LA FINANCE RESPONSABLE

Fondée en 1971, OFI AM compte parmi les plus importantes sociétés de gestion françaises avec 72 milliards d’euros d’actifs sous gestion (à fin juin 2018) et plus de 300 collaborateurs.

Le Groupe a développé une expertise à la fois en gestion collective et en gestion sous mandat, sur les actifs cotés et non cotés (infrastructures, dette non cotée, private equity, immobilier). Ces derniers représentent près de 10% des encours du Groupe.

Engagé pour le développement d’une finance responsable, depuis plus de 20 ans, OFI AM est un des leaders ISR du marché français de la gestion d’actifs. Le Groupe propose sous la marque OFI Responsible Solutions une offre de gestions et de services qui s’adressent aux investisseurs soucieux d’intégrer les enjeux sociétaux dans leurs stratégies de placement. Plus de deux tiers des encours intègrent les enjeux d’une finance responsable.

OFI met à disposition de ses clients et gérants le savoir-faire d’une équipe d’analystes ESG dédiée. Très expérimentée, elle a développé une méthodologie propriétaire qui couvre l’analyse des émetteurs privés et publics en prenant en compte des enjeux clés pour chaque secteur.

Le Groupe OFI dispose d’un ancrage historique dans l’économie sociale. Ses principaux actionnaires et partenaires sont des mutuelles membres de la FFA et de la FNMF, et en particulier la Macif et la Matmut.

AVIS D'EXPERTS
Allocation d’actifs : une démarche structurée

L’allocation d’actifs d’un portefeuille s’adapte aux besoins des clients, en fonction de leur horizon d’investissement et de leur degré d’aversion au risque. Une allocation tactique de court terme vient en complément du modèle d’allocation stratégique. Chaque mois un scénario économique et financier cohérent sert de cadre commun utilisable par tous les gérants d’OFI AM.

Jean-Marie Mercadal, Directeur Général Délégué en charge des Gestions d’OFI AM
Jean-Marie Mercadal
Directeur Général Délégué
en charge des Gestions - OFI AM

Dans un contexte inédit marqué par la faiblesse actuelle des rendements obtenus sur les marchés obligataires et le retour de la volatilité, l’allocation d’actifs devient un facteur discriminant devant obéir, plus que jamais, à une démarche très structurée. Les investisseurs doivent, en effet, diversifier davantage leurs placements, privilégier une gestion suffisamment flexible pour créer de la performance et protéger leurs actifs.
Les différents processus d’allocation mis en place chez OFI AM permettent de répondre aux besoins de tous nos clients, qu’ils investissent dans un horizon de court, de moyen ou de long terme. L’allocation doit également parfaitement répondre au profil de risque de chacun d’entre eux, tout en s’inscrivant dans un scénario commun qui donne une cohérence à l’ensemble de notre gestion diversifiée.

L’originalité de notre approche est de combiner une allocation stratégique de long terme reposant sur un modèle quantitatif propriétaire et intégrant un budget de risque précis pour toutes les classes d’actifs disponibles, avec une allocation tactique de court terme.
L’allocation stratégique s’effectue en quatre étapes : déterminer des classes d’actifs sur lesquelles le support peut s’exposer, fixer un budget de risque autorisé sur chaque classe d’actifs selon le degré d’aversion au risque du client, contrôler la volatilité du portefeuille et suivre régulièrement l’allocation (tous les 15 jours pour le niveau de volatilité).
Enfin, l’allocation tactique permet aux équipes de gestion d’ajuster les résultats du modèle tout en s’inscrivant dans le cadre des conclusions du Comité d’allocation mensuel. À plus court terme, cette allocation tactique est essentielle pour tirer profit des opportunités se présentant sur les marchés.

Un scénario de marché délivré à 6-12 mois

Cette stratégie reliant une évaluation quantitative et une réflexion fondamentale peut être qualifiée d’approche « quanta-mentale ». Ainsi, l’allocation des fonds doit s’inscrire dans un cadre précis en lien avec un scénario économique et financier déterminé à l’horizon 6-12 mois. Celui-ci est défini, chaque mois, lors d’un comité restreint rassemblant les directeurs des grandes classes d’actifs (actions, obligations, crédit) afin d’éviter l’écueil de l’allocation reposant sur un scénario trop consensuel. Ce comité stratégique permet de délivrer un discours clair et partagé par l’ensemble de la société de gestion.
L’établissement de ce scénario central et de niveaux cibles de marché s’accompagne également de l’élaboration de scénarios de risque, à court et moyen terme, avec leurs probabilités respectives.

À cette occasion, plusieurs paramètres sont scrupuleusement passés en revue—: la dynamique macroéconomique, la dynamique micro-économique (résultats et perspectives des entreprises), l’évolution des politiques monétaires, les flux d’investissement et la psychologie des marchés. Ce dernier point est un élément crucial souvent négligé par les allocataires d’actifs : tout le monde dispose de la même information sur les marchés mais la prise en compte ou non de cette information dans les cours mérite d’être étudiée de près pour déterminer dans quelle mesure et pourquoi une classe d’actifs a le vent en poupe et devrait continuer à surperformer.
A contrario, pourquoi un secteur est délaissé par les investisseurs alors que les bénéfices engrangés par les principales valeurs appartenant à ce secteur ont tendance à augmenter. C’est en intégrant l’ensemble de ces paramètres que nous pouvons adapter notre offre de gestion dédiée aux différents profils d’investisseurs.

TABLE RONDE
Gestion pilotée sous mandat : l’atout d’une gestion diversifiée sur-mesure

Eric Bertrand, Directeur des gestions Taux, Diversifiées et Quantitatives - OFI AM
Eric Bertrand
Directeur des gestions Taux, Diversifiées et Quantitatives - OFI AM
MICHAËL FAY, Directeur des gestions Diversifiées - OFI AM
Michaël Fay
Directeur des gestions Diversifiées
OFI AM
Sophie Bigeard, Responsable de l’équipe d’Analyse et de Sélection d’OPC - OFI AM
Sophie Bigeard
Responsable de l’équipe d’Analyse et de Sélection d’OPC - OFI AM

La volatilité accrue des marchés actions et le niveau historiquement faible des taux d’intérêt rendent plus difficile la maîtrise du couple rendement/risque. La gestion pilotée sur-mesure, élaborée par OFI AM, prend tout son sens en combinant une approche quantitative et fondamentale.

Quelle est la philosophie d’OFI AM en matière de gestion pilotée ?

Eric Bertrand : Notre souci d’adapter la gestion des portefeuilles en fonction des besoins de chaque client nous conduit à proposer une gestion diversifiée répondant à leur profil de risque. En règle générale, le profilage de la gestion pilotée sous mandat peut se répartir en trois catégories : prudent, équilibre, dynamique. Nous disposons, par ailleurs, de modèles en interne pour pouvoir répondre aussi bien aux besoins spécifiques des assureurs que de ceux des distributeurs. Dans tous les cas, et quel que soit le profil ou la taille de l’investisseur, tous bénéficient de la même expertise d’allocation et vision de marché d’OFI AM qui définit un cadre cohérent et pertinent pour la gestion, et se décline ensuite pour proposer une réponse sur-mesure.

Comment le profil de risque des clients est-il intégré au modèle de gestion pilotée ?

Eric Bertrand : Le modèle est issu d’un processus en deux temps : une allocation stratégique et une allocation tactique. L’allocation stratégique repose sur un modèle quantitatif développé en interne. La maîtrise de la volatilité globale est un critère intégré en amont de la construction du portefeuille. Le gérant contrôle ainsi l’objectif de volatilité annuelle de son portefeuille afin que celle-ci soit toujours en cohérence avec le profil de risque prédéterminé : 5% maximum pour un profil « Prudent », 10% maximum pour un profil « Équilibre » et 15% maximum pour un profil « Dynamique ».

Michaël Fay : L’analyse fondamentale intervient ensuite, lors du processus d’allocation tactique, et s’inscrit dans le cadre de risque déterminé par le modèle quantitatif. Au final, notre approche parvient à combiner une évaluation quantitative du risque et une réflexion fondamentale sur les marchés au profit d’une gestion à la fois flexible et encadrée.

Les clients qui recourent à la gestion pilotée n’ont pas tous le même profil, certes, mais également le même horizon d’investissement. Comment concilier ces différents objectifs ?

Michaël Fay : Les préconisations effectuées sur chacune des classes d’actifs (surpondération, sous-pondération) obéissent à un horizon d’investissement compris entre six mois et un an. Le contexte actuel de marché (volatilité accrue des marchés actions et période de taux bas) rend plus difficile la recherche du meilleur couple rendement/risque et oblige les gérants en charge de la gestion pilotée à faire preuve d’une grande réactivité. La flexibilité devient alors un facteur discriminant dans la gestion des portefeuilles. Nous avons mis en place des grilles d’allocation profilées sur mesure permettant d’intégrer les critères d’appétence au risque de l’investisseur (profil intrinsèque), la nature et horizon de son projet afin d’optimiser la gestion du risque sur toute la durée de son placement.

Dans le cadre du processus d’allocation stratégique et tactique, comment la sélection des fonds sous-jacents s’opère-t-elle ?

Sophie Bigeard : La sélection des fonds intervient en amont. L’équipe dédiée à l’analyse et à la sélection d’OPC, chez OFI AM, définit un univers complet de fonds disponibles pour l’ensemble des gestions, y compris pour la gestion diversifiée. Cet univers, qui vise à couvrir l’ensemble des classes d’actifs et zones géographiques, est le résultat d’un travail de « Due Diligence » poussé, portant aussi bien sur la qualité de la société de gestion, des équipes (de gestion et de recherche le cas échéant), des processus de gestion et bien entendu des performances et profils de risque. À partir de cet univers, une « Buy List » spécifique est constituée afin de pouvoir proposer aux équipes de gestion OFI AM une base de fonds référencés de qualité. Cette « Buy List » est définit en amont de l’allocation d’actifs et offre différentes stratégies par classes d’actifs et zones géographiques répondant aux besoins de diversification des gérants, selon les profils d’investissement et besoins des clients. Elle permet de garantir la réactivité de nos gérants, qui adaptent les grilles d’investissement en fonction des modifications dans l’allocation d’actifs.

Les fonds retenus ont-ils des caractéristiques particulières ?

Sophie Bigeard : Oui. L’allocation d’actifs étant construite par « briques » de classes d’actifs et zones géographiques (actions États-Unis ou taux souverains Euro par exemple), la « Buy List » pour la gestion diversifiée est construite en conservant ces typologies afin de répondre exactement aux contraintes d’allocation. La liste d’OPC éligibles aux stratégies de gestion pilotée comprend ainsi une quarantaine de fonds, pour une quinzaine de « briques ». L’allocation d’actifs doit rester le moteur de la création de valeur et, dans la mesure où elle est susceptible d’être modifiée régulièrement, les fonds sélectionnés doivent éviter l’écueil d’une « tracking error » trop forte. Le choix d’un fonds dont la performance court terme risque d’être trop volatile ne doit donc pas être préjudiciable à une allocation judicieuse.

TÉMOIGNAGES

JEAN-MAXIMILIEN VANCAYEZEELE
Directeur Général du Groupe
Crystal Expert & Finance

Notre niveau d’exigence en matière de proposition de solutions patrimoniales nous a conduit à considérer la gestion pilotée proposée par OFI AM comme un choix optimal. Tout d’abord, l’aspect réglementaire renforce notre responsabilité. Il devient fortement recommandé de recourir à un gestionnaire d’actifs professionnel qui prend la responsabilité de l’investissement. Ensuite, dans un contexte où la gestion d’actifs demande une plus grande réactivité, la flexibilité de la gestion pilotée permet d’apporter des réponses de plus en plus sophistiquées et affinées à nos propres clients. Enfin, la gestion de notre temps devient déterminante. Le recours à cette gestion profilée nous enlève la nécessité de réaliser des arbitrages dans les portefeuilles pour nous concentrer davantage sur la réalisation d’un reporting précis que nous devons à nos clients.

LAURENT LEBOUCQ
Directeur Général Adjoint d’OFI Patrimonial

OFI Patrimonial propose à ses partenaires distributeurs mutualistes une offre patrimoniale sur-mesure, s’adaptant à l’environnement de chacun et répondant aux différentes attentes de leurs sociétaires. Grâce à notre partenaire de gestion OFI AM, nous avons pu construire une offre de gestion profilée permettant aux investisseurs de bénéficier d’une allocation fine en fonction de leur profil de risque, de leurs projets et objectifs. À titre d’exemple, les trois grands profils de risques Prudent, Équilibre et Dynamique ont été déclinés pour notre premier partenaire en 6 « sous-profils » offrant plus ou moins de diversification et de potentiel de rendement. Cette offre permet d’apporter une réponse souple à nos partenaires mutualistes au profit de leurs clients sociétaires.

AVIS D'EXPERTS
Loi Pacte : l’épargne retraite à la veille d’une nouvelle ère

Portabilité des dispositifs d’épargne retraite, fiscalité plus avantageuse, généralisation de la gestion pilotée etc., l’épargne retraite se prépare, avec le vote de la loi Pacte, à une révolution bienvenue qui ouvrira des opportunités aux épargnants aussi bien qu’aux sociétés de gestion et aux entreprises.

Mathieu Caillier, Directeur du Développement Tiers Distribution d’OFI AM
Mathieu Caillier
Directeur du Développement
Tiers Distribution - OFI AM

La mise en œuvre de la loi Pacte, actuellement en discussion au Parlement, va incontestablement bouleverser le paysage de l’épargne retraite en France.
Nous connaissons déjà les grandes lignes de ce projet de loi, en cours d’examination par la Commission spéciale de l’Assemblée Nationale depuis le 5 septembre, qui vise à améliorer le financement des PME et à inciter les ménages à orienter une partie de leur épargne vers des produits retraites.
Pour cela, les dispositifs d’épargne retraite eux-mêmes, l’assurance vie et les règles entourant l’intéressement et la participation dans les entreprises vont être réformés en profondeur.

En effet, l’épargne retraite, en l’état actuel, souffre d’abord d’un problème de lisibilité et de cohérence. La diversité des dispositifs existants (PERCO, PERP, Madelin…) ne permet pas à l’épargnant de bénéficier de l’antériorité du plan précédent quand il change d’entreprise ou de véhicule d’investissement.

Or, le projet de loi prévoit d’étendre la portabilité de tous ces dispositifs assortis de frais de transfert qui devraient être limités à 3%. L’option de réversion pour le conjoint survivant va être également généralisée alors qu’elle n’est actuellement disponible que dans certains contrats.

Le volet fiscal de la loi Pacte va également contribuer à améliorer l’attractivité de l’épargne retraite. Les versements volontaires pourront être déduits du revenu imposable. L’épargnant aura la possibilité de sortir en capital ou en rente mais les solutions de rente seront fiscalement avantagées pour maintenir le pouvoir d’achat des retraités alors même que leur espérance de vie continuera à augmenter.
Enfin, le taux de CSG de 16% appliqué au PERCO sera généralisé à l’ensemble des dispositifs dès lors que le bénéficiaire détient au moins 10% de titres de PME dans son enveloppe d’épargne retraite.

La gestion pilotée réservée au PERCO sera étendue à tous les dispositifs

Les plans d’épargne retraite pourront être proposés par les compagnies d’assurance ou par les sociétés de gestion qui le feront en partenariat avec les compagnies d’assurance. Tous les salariés disposant d’un tel plan devraient ainsi pouvoir bénéficier de la gestion pilotée par défaut (auparavant, seuls les titulaires d’un PERCO pouvaient en bénéficier). Ainsi, les souscripteurs de ces plans disposeront d’une épargne gérée plus finement, exposée à des supports plus risqués en début de contrat (actions) alors que la gestion deviendra plus prudente (davantage exposée aux obligations) à l’approche de la retraite. Les cas de sorties anticipées (décès du conjoint, surendettement…) devraient être également confirmés pour protéger davantage le bénéficiaire et ses ayant-droits.

Cette généralisation de la gestion pilotée est une excellente nouvelle pour les épargnants mais aussi pour les sociétés de gestion qui devront être en mesure de proposer, dans des délais courts, des solutions adaptées aux besoins de leurs clients. Nul doute que l’expertise confirmée d’OFI AM en matière de gestion pilotée sous mandat sera un atout essentiel à mettre au profit de nos clients désireux de profiter des solutions d’épargne retraite.

AVIS D'EXPERTS
La sensibilité ISR des épargnants sera mieux prise en compte

La Commission européenne a annoncé son intention de modifier les textes européens (MIF et DDA) encadrant la distribution de produits d’épargne.

Christophe Frespuech, Directeur du Développement d'OFI AM et Eric Van La Beck, Directeur du Pôle ISR d'OFI AM
Christophe Frespuech, Directeur du Développement
& Eric Van La Beck, Directeur du Pôle ISR - OFI AM

Le processus qui vise à garantir la parfaite adéquation d’un produit d’investissement au profil de l’investisseur est déjà strictement encadré par les textes européens. Un pas de plus est franchi par la Commission européenne dans la perspective de la mise en œuvre de son Plan d’action sur la finance durable présenté en mars 2018. Elle ambitionne en effet à l’avenir d’« inclure les critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) le mieux possible dans les conseils fournis par les entreprises d’investissement et les distributeurs d’assurance à leurs clients ».
Cette annonce, faite le 24 mai 2018, devrait se traduire par des amendements apportés à la directive MIF 2, ainsi qu’à la directive distribution d’assurances (DDA), a précisé la Commission, qui souhaite lancer les procédures de révision de ces directives d’ici à 2019.

Les conseillers financiers seront tenus de mesurer les aspirations de leurs clients en matière de développement durable, avant la souscription de produits d’épargne : « Lorsque les distributeurs évalueront si un produit d’investissement répond aux besoins de leurs clients, ils devront également prendre en compte les préférences en matière de durabilité de chaque client », précise ainsi la Commission.

Faciliter l’accès à des « investissements durables »

Alors que les épargnants sont de plus en plus sensibilisés aux enjeux du développement durable, ils auront plus facilement l’opportunité de faire coïncider leurs démarches d’investisseur avec leurs valeurs. « Cette démarche devrait permettre à un plus large éventail d’investisseurs d’accéder à des investissements durables » anticipe la Commission.
En conséquence, concepteurs de produits d’épargne comme distributeurs se doivent de jouer le jeu en enrichissant les gammes de solutions d’investissement à mettre à la disposition de leurs clients. Les attentes, les sensibilités ne seront pas toutes les mêmes. De multiples stratégies peuvent être déclinées à travers des fonds thématiques environnementaux, focalisés sur la lutte contre le réchauffement climatique, d’exclusion sectorielles (énergies fossiles, tabac…) ou encore privilégiant les meilleurs dans l’ensemble des secteurs (« Best in class »)...
Afin de guider les acteurs du marché de l’épargne, la Commission a d’ailleurs lancé en parallèle un chantier qui consistera à élaborer une classification (une « taxinomie ») des activités « durables sur le plan environnemental ».

Cette initiative très vertueuse est en phase avec celles prises précédemment, dans les univers de la gestion d’actifs et de l’investissement institutionnel, par les autorités françaises et européennes, à travers par exemple la Loi de Transition Énergétique, qui a créé des obligations de reporting sur les politiques ESG des investisseurs. Le projet de la Commission couvre d’ailleurs aussi les pratiques des gérants d’actifs eux-mêmes : ne pas intégrer l’ESG dans les processus d’investissement pourra être considéré comme une rupture des obligations fiduciaires des sociétés financières, qui doivent gérer au mieux les intérêts de leurs clients investisseurs.

DOSSIER
ISR : des solutions multiples

Une gestion actions ISR fondée sur près de 20 ans d’expérience en recherche extra-financière

Eric Turjeman, Directeur des gestions Actions et Convertibles d’OFI AM
Eric Turjeman
Directeur des gestions
Actions et Convertibles - OFI AM

Le Groupe OFI s’attache depuis toujours à répondre aux souhaits de ses clients de mettre leurs investissements en accord avec leurs valeurs, en particulier avec les enjeux du développement durable.
Dans cette perspective, nous avons élaboré une gamme de fonds offrant des approches diverses et complémentaires. Notre offre Responsible Solutions (RS) se décline ainsi à travers des stratégies de type « Best in class », thématiques (économie positive : lire encadré, changement climatique…), ou encore d’engagement. Selon sa sensibilité, l’investisseur a le choix de s’engager dans la démarche d’investisseur responsable qui lui convient, d’être un acteur d’une finance responsable. En termes de gestion, la prise en compte des critères ESG dans le choix des valeurs apporte une indiscutable valeur ajoutée dans la contribution à la performance. Les gérants vont ainsi pouvoir s’appuyer sur les analyses ESG produites par l’équipe d’analyse dédiée d’OFI AM qui bénéficie d’une méthodologie robuste et d’une expérience de plus de 20 ans.

Les enjeux clés sont identifiés pour chaque secteur

Les analystes ISR vont concentrer leurs efforts de recherche sur les enjeux ESG qui ont une véritable influence pour chaque secteur. C’est au regard de ces enjeux clés qu’environ 1000 sociétés européennes sont notées puis réparties, au sein de leur secteur, dans cinq catégories : les leaders, les impliqués, les suiveurs, les incertains et les sous-surveillance.
Mais cette catégorisation est loin d’être figée, puisque le suivi permanent des événements susceptibles d’affecter la vie des entreprises (controverses) peut amener les analystes à revoir leurs notations. En pratique, ces dernières années, beaucoup de grandes entreprises européennes ont dû faire face à des controverses (Bayer, Sanofi, Volkswagen, Deutsche Bank, par exemple) et ont été exclues de notre univers d’investissement.
La mise en œuvre de la recherche de l’équipe d’analystes d’OFI AM dans la gestion des fonds actions « Best in class », par exemple, se traduit d’abord par l’exclusion des valeurs ayant les moins bons scores ESG (soit 20% à 33% des univers d’investissement). L’objectif de la gestion active fondamentale est de construire des portefeuilles répondant aux convictions des gérants, tout en cherchant à maximiser le poids des valeurs ayant les meilleurs scores ESG.
Enfin, OFI AM a élargi son approche RS à l’ensemble de ses fonds ouverts d’obligations convertibles européennes. Une démarche qui reste différenciante sur le marché, car l’univers des convertibles est par définition plus étroit que celui des actions.

« ÉCONOMIE POSITIVE » : L’INTÉRÊT D’INVESTIR DANS UNE CROISSANCE VERTUEUSE

Le financement de l’économie ne se limite plus à la seule création de profit mais doit soutenir l’investissement dans des entreprises liées à la croissance vertueuse de demain. Le fonds OFI Fund RS European Equity Positive Economy répond à ce double objectif de performance et d’impact positif sur la protection de l’environnement et des individus. Un univers de sociétés actives dans l’économie positive a été construit autour de quatre grands thèmes que sont la transition énergétique, la préservation des ressources naturelles, la santé/le bien-être, ainsi que le renforcement de la sécurité.
Les sociétés impliquées dans l’économie positive ont toutes les chances de voir leur croissance bénéficiaire augmenter grâce à leur positionnement dans l’économie du futur. Des exemples ? Lorsque la France cible le recyclage de 100% des plastiques d’ici à 2025 et que la Chine décide ne plus recevoir les déchets plastiques et les papiers européens, l’Europe a l’opportunité de dynamiser l’économie circulaire, d’accélérer le déploiement des infrastructures de recyclage, d’améliorer les techniques de transformation ainsi que de revaloriser des déchets et soutenir l’innovation de rupture.
En investissant dans OFI Fund RS European Equity Positive Economy, l’épargnant devient ainsi un acteur actif de cette économie positive.

Investir dans un fonds peut comporter des risques. Ceux-ci sont présentés dans le prospectus du fonds, disponible sur demande.

Gestion diversifiée : combiner objectifs d’épargnant et approche ISR

Magali Habets, Gérante Pôle Gestions Diversifiées et Quantitatives d’OFI AM
Magali Habets
Gérante Pôle Gestions
Diversifiées et Quantitatives - OFI AM

La vocation de la gestion diversifiée flexible est de s’adapter au profil de l’investisseur. Dans cette perspective, depuis bientôt trois ans, OFI AM a élaboré une gamme de fonds profilés ISR zone Euro. C’est ainsi que l’épargnant a l’opportunité de placer son épargne en phase avec son horizon d’investissement et son appétence au risque, mais aussi en phase avec ses aspirations en matière d’investissement socialement responsable. Le processus d’investissement mis en œuvre se fonde d’abord sur un modèle quantitatif qui détermine, sur un rythme trimestriel, un niveau d’exposition sur chaque classe d’actifs selon le profil de risque.
Au cours du trimestre, l’allocation tactique permet de gérer l’allocation globale du portefeuille en fonction des évolutions quotidiennes des marchés.

Une gestion diversifiée en titres vifs

Les fonds profilés ISR zone Euro, chez OFI AM, ont la particularité d’être gérés en titres vifs (ce ne sont pas des fonds de fonds). Aussi les poches actions et obligations sont pilotées par les gérants des équipes spécialisées sur chacune de ces classes d’actifs, mettant en œuvre leurs convictions aussi bien en termes de potentiel de rendement qu’au regard de critères extra-financiers. La détention de titres en direct permet aussi d’exercer les droits de vote en Assemblées Générales pour les sociétés en portefeuilles, et selon la politique de vote du Groupe OFI.

TÉMOIGNAGES

THIERRY SCHEUR
Directeur Commercial et Marketing d’Ageas Patrimoine

Quelle est l’approche d’Ageas Patrimoine concernant l’ISR ?

Chez Ageas Patrimoine, nous considérons que nous avons une véritable mission dans ce domaine. Nous nous devons de faire œuvre de pédagogie et d’accompagnement. L’investissement socialement responsable, et plus généralement la mise en œuvre de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans la gestion d’actifs, est loin d’être un frein à la performance, comme cela est malheureusement encore trop souvent perçu. Bien au contraire, nous sommes convaincus que cette approche de la gestion est gage de surperformance parce qu’elle crée de la valeur.

Quelle est la demande de la clientèle finale ?

Objectivement la demande du client final n’est aujourd’hui encore pas particulièrement forte, mais c’est à nous de le convaincre qu’il s’agit d’un formidable effet de levier pour la performance, future et durable, de ses investissements. Beaucoup de conseillers en gestion de patrimoine sont d’ailleurs moteurs dans cette démarche et nous demandent d’intégrer une offre ISR ou ESG dans la gamme des fonds que nous leur proposons et les allocations que nous travaillons ensemble. Les clients en gestion de fortune sont en général séduits de cette démarche car, comme pour le private equity où ils cherchent à accompagner des entrepreneurs, ils cherchent là à donner un autre sens à leur placement que la seule performance...

À titre personnel, quel est votre sentiment vis-à-vis de ce mouvement ?

Selon moi, la démarche et l’offre de fonds ISR ou ESG n’en est qu’à sa première étape. La prise en compte des critères ESG est devenue une nécessité, voire une responsabilité, envers les générations futures ; il faut certes trouver du rendement pour alimenter le moteur de l’économie mais il faut aussi préserver nos acquis, notre environnement. Aussi, progressivement, c’est bien l’ensemble des gestions qui doit intégrer dans son analyse des critères extra-financiers. À terme, l’ISR ne sera plus une catégorie à part mais un critère intégré dans tous les modes de gestion, le succès est à ce prix !

S.A. à Conseil d’Administration au capital de 42 000 000 euros - Société de gestion de portefeuille
Agrément COB n° GP 92-12 - RCS PARIS 384 940 342


DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Jean-Pierre Grimaud, Directeur Général
RESPONSABLE ÉDITORIAL : Diane CAZALI - Directrice de la Communication

Les chiffres cités ont trait aux années écoulées. Les performances passées ne sont pas un indicateur fiable des performances futures. Investir sur les marchés actions comporte des risques, notamment un risque de perte en capital.
Source des indices cités : www.bloomberg.com. Photos : OFI AM / Shutterstock.com


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