Par Yannick LOPEZ

Impacts du résultat des législatives en Italie ?

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, sur BFM Business, le 5 mars 2018 : les possibles impacts du résultat des législatives en Italie
BFM Business - Intégrale Bourse 05/03/2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, et Marco Bruzzo, Directeur Général Délégué de Mirabaud Asset Management, ont décrypté les tendances des marchés.

Elections en Italie et coalition en Allemagne : quelles sont les réactions de marchés cet après-midi ?

Yannick Lopez : « La réaction la plus importante a lieu en Italie. L’onde de choc n’est cependant pas incroyable puisque le taux 10 ans italien revient à 2%, soit une hausse de 5 points de base par rapport à vendredi.
Le taux allemand, traditionnellement bénéficiaire en période de tension, affiche une baisse de de l’ordre de 3 centimes et revient sur des niveaux d’environ 0,62%.
Nous ne sommes pas dans un mouvement de marchés incontrôlé ou très violent. L’écartement du spread entre les deux pays est inférieur à 10 points de base. Ce n’est pas une journée « noire » et le mouvement est probablement amorti par la bonne nouvelle venue d’Allemagne ce week-end : la large approbation des militants du SPD pour participer à la coalition. C’est plutôt une bonne nouvelle pour l’Europe, pour plus d’intégration et c’est également un facteur de soutien pour les pays dits « périphériques » et donc, par ricochet, pour l’Italie.
Tout cela peut expliquer la réaction « mesurée » sur les marchés mais le résultat de ce vote n’est évidemment pas celui espéré sur les marchés. Maintenant, le chemin est encore long pour y voir plus clair. La première tenue du Parlement va avoir lieu 10 à 20 jours après le vote, soit le 23 mars 2018. L’objectif de ce premier Parlement est de déterminer les Présidents des deux Chambres. Dès lors, le Président de la République Italienne va officiellement donner mandat à l’un des dirigeants de l’une des formations afin de constituer un gouvernement majoritaire et de coalition qui devra in fine se soumettre à un vote de confiance.
Dans l’intervalle, c’est l’actuel gouvernement qui va gérer les affaires dites « courantes ». Ce n’est pas une mauvaise nouvelle car le budget 2018 a déjà été voté et que l’excédent primaire a été fixé à +2%. Le gouvernement va devoir gérer une situation d’économie plutôt correcte.
A ce stade, le temps ne joue pas forcément contre les marchés. »