Par Yannick LOPEZ

Impacts de la bataille commerciale entre les États-Unis et la Chine

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI AM, est intervenu sur BFM Business, le 9 avril 2018 sur les impacts de la bataille commerciale entre les États-Unis et la Chine
BFM Business - Intégrale Bourse 09/04/2018

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, et Jean-François Bay, Directeur Stratégie et Développement chez La Financière de l'Échiquier, décryptent les tendances des marchés et se sont notamment intéressés aux impacts de la bataille commerciale entre les États-Unis et la Chine.

Grégoire Favet : « Les marchés boursiers donnent l’impression de ne réagir qu’à Donald Trump et ses tweets. Comment réagit le marché obligataire face aux risques de tensions sur le front commercial et aux actuelles tensions géopolitiques ? A ce que l’on appelle aujourd’hui un bruit de court terme ? »

Yannick Lopez : « Les allers-retours du Président américain via Twitter sur les actions qu’il envisage, les risques de guerre commerciale… sont des facteurs d’agitation et de volatilité. Et qui dit volatilité en hausse, dit primes de risque en hausse ce qui se traduit par des spreads de crédit sur l’Investment Grade ou le High Yield orientés à la hausse et mécaniquement un refuge vers les actifs les moins risqués, en l’occurrence les taux américains mais surtout les taux allemands. Nous revenons à 0,50% sur le taux allemand alors qu’il se trouvait à 0,80% début février.
Les annonces de Donald Trump ne sont pas l’unique explication sur les taux d’intérêts, d’autres facteurs entrent également en ligne de compte.
Tout d’abord, il y a quelques jours, nous avons eu affaire une nouvelles fois à une relative déception quant au chiffre de l’inflation en zone Euro. Si l’indice global a rebondi comme attendu à 1,4%, l’indice cœur est resté à 1%.
Ensuite, depuis quelques semaines, nous assistons à un retournement significatif des statistiques macroéconomiques qui n’ont eu de cesse de surprendre négativement les investisseurs en zone Euro.
Enfin, certains facteurs techniques sur l’obligataire sont également en cause car traditionnellement en avril, beaucoup de tombées de coupons et de remboursements ont lieu. Les investisseurs se retrouvent avec beaucoup de cash à réinvestir et rachètent donc des obligations ce qui représente un facteur de soutien aux prix et baissier sur les taux. »