Par Eric TURJEMAN

Guerre commerciale, l'Europe est-elle un "ennemi" des Etats-Unis ?

BFM Business - Intégrale Placements, le face à face 16/07/2018

Le face à face, présenté par Guillaume Sommerer sur BFM Business, a opposé Eric Turjeman, Directeur des Gestions Actions et Convertibles chez OFI AM, et Pierre Sabatier, Président de Prime View.

Guerre commerciale, l'Europe est-elle un ennemi des Etats-Unis ? par Eric Turjeman, OFI Asset Management, sur BFM Business, le 16 juillet 2018
Guerre commerciale, l'Europe est-elle un ennemi des Etats-Unis ?

Après l’échec du G7, Donald Trump a désigné l’Union Européenne comme le principal ennemi des Etats-Unis. Cette déclaration remet en question l’« ouverture commerciale » sur laquelle se repose l’essentiel de la croissance mondiale depuis 2001 et l’entrée de la Chine dans l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
La question se pose maintenant sur le passage à l’acte. Est-ce que les tarifs douaniers vont augmenter et entraîner une forme de fermeture commerciale et donc un moindre volume d’échanges commerciaux au niveau mondial ?
Pour le moment, nous sommes dans une phase de transition que l’on appréhende difficilement et cette situation a pour conséquence des marchés plafonnés à la hausse mais pour le moment, tant qu’il n’y a pas de passage à l’acte, ils ont également un plancher à la baisse.

Comment redoute-t-on ce risque chez OFI Asset Management ?

Eric Turjeman : « Pendant 4 mois, il ne va pas se passer grand-chose sur les marchés, capés à la hausse par ce risque de guerre commerciale. Donald Trump restera de toute façon très ferme jusqu’aux élections.
Après celles-ci, l’entrée dans une guerre commerciale pourrait avoir de très graves répercussions sur la croissance. C’est ce que les marchés jouent un peu, notamment les marchés de taux.
Les folies verbales et les actes du Président américain sont très compliqués à appréhender mais il faut tout de même les prendre au sérieux. C’est pour cela que les marchés sont finalement « capés à la hausse » par cette crainte et ils résistent car les fondamentaux sont bons : les taux restent bas, la croissance mondiale toujours supérieure à 3,5% et les résultats sont très bons.
Chez OFI Asset Management, nous pensons que nous allons rester dans cette oscillation. »

Le cycle économique peut-il résister à cette accumulation de vents contraires ? par Eric Turjeman, OFI Asset Management, sur BFM Business, le 16 juillet 2018
Le cycle économique peut-il résister à cette accumulation de vents contraires ?

Eric Turjeman : « Jusqu’à présent, les cycles avaient une durée globalement homogène mais actuellement, nous sommes en présence d’un « supercycle » dont on ne connait pas la fin, même si fin il y aura. Donald Trump le sait aussi et même si les Etats-Unis étaient les moins perdants dans une guerre commerciale, ils le seraient tout de même. Lors d’un prochain vote, les américains ne vont pas le plébisciter parce qu’ils sont moins perdants que le reste du monde, ils vont juger l’état de leur pays. Le Président américain va donc devoir œuvrer pour que les américains ne soient pas perdants du tout et après les United States Midterm Election, il pourrait peut-être se modérer un peu.
Aujourd’hui, il y a toujours de la croissance dans le monde avec des taux très bas, ce qui est anormal mais favorable aux marchés et c’est pour cette raison qu’ils tiennent si bien. »