Classes d'actifs et stratégies qui constituent une opportunité d'investissement - Janvier 2018 - Par Eric BERTRAND, Stéphane DORLENCOURT

Focus Stratégies

Chercher du rendement sur les marchés obligataires demande un peu d’imagination

Eric BERTRAND, Directeur des gestions Taux et Diversifiées chez OFI Asset Management
Eric BERTRAND
Directeur des gestions
Taux et Diversifiées
OFI AM

Investir sur le fixed income ne procure guère de rendement, alors que les taux ont atteint des niveaux historiquement bas.
Mais les opportunités existent, en particulier sur la dette souveraine émergente en devises locales.

Les rendements offerts sur les marchés obligataires n’ont cessé de décliner, au cours des dernières années, à mesure des lancements successifs par les Banques Centrales des programmes de Quantitative Easing (QE). Pendant une décennie, le bilan global des quatre grandes Banques Centrales (Fed, BCE, BoE, BoJ) n’a fait qu’augmenter. Quand une Banque Centrale réduisait ses achats d’actifs (tapering), une autre prenait le relais. Les liquidités déversées au niveau mondial sur les marchés n’ont jamais diminué et ont contribué à comprimer les rendements sur la plupart des segments. Or, cette tendance est, peu à peu, en passe de s’inverser. Cela signifie que ces marchés en voie de normalisation devraient retrouver progressivement de la volatilité et permettre aux investisseurs d’obtenir un rendement plus élevé et davantage corrélé à leur prise de risque.

Dans l’optique d’une approche High Income, nous avons constaté que la dette souveraine émergente en devises locales offrait globalement le meilleur couple rendement/risque. L’exposition aux devises explique la prime de risque importante, après plusieurs années de dépréciation. De 2010 à 2013, les flux s’étaient dirigés vers les pays émergents, alors que l’Europe s’enfonçait dans les difficultés économiques. Puis, la tendance s’est inversée brutalement à partir de 2013 et les investisseurs ont déserté la zone émergente jusqu’en 2015. En conséquence, si les pays émergents représentent près de 60% du PIB mondial, ils restent très sous-représentés en termes d’investissements. Et aujourd’hui, un portefeuille moyen de dettes émergentes en devises locales peut générer un rendement annuel d’environ 8%.

UNE APPRÉCIATION PROBABLE DES DEVISES ÉMERGENTES EN 2018

Pour un placement investi en dette souveraine locale diversifiée, à 5 ans, le rendement cumulé à maturité avoisine les 45%. Au cours des dix dernières années, le risque de baisse ressort à 15% si toutes les parités de change contre euro reviennent sur leur point bas. Dans un environnement marqué par une croissance mondiale synchronisée et un commerce mondial en phase de redémarrage, les perspectives sur cette classe d’actifs, encore sous-estimée par le marché, s’avèrent prometteuses. Par conséquent, il apparaît judicieux de se positionner dès à présent, d’autant que l’appréciation attendue des devises locales peut constituer une réserve de performance alors que la dette souveraine émergente en devises fortes (dollar, euro) nous paraît trop chère. Pour leur part, les devises que nous avons sélectionnées n’atteignent en moyenne que 60% de leurs plus hauts niveaux enregistrés depuis 2007.
Sur d’autres segments du marché obligataire, le compartiment High Yield en euro reste une classe d’actifs susceptible d’intéresser les investisseurs en quête de rendement. Mais, à l’heure actuelle, les valorisations sont élevées, conséquence de plusieurs années de Quantitative Easing ayant poussé beaucoup d’investisseurs à privilégier le High Yield au détriment de l’Investment Grade dont les rendements étaient comprimés par les interventions de la BCE. En revanche, les investisseurs en quête de rendements élevés pourront s’intéresser à la dette financière subordonnée. La phase de remontée des taux est un élément positif pour les établissements financiers les plus solides. Leur statut de banque systémique renforcé par une réglementation de plus en plus contraignante atténue considérablement le risque pris par l’investisseur.

Divergence dette émergente et autres rendements obligataires
Divergence dette émergente et autres rendements obligataires

Les poches de trésorerie des investisseurs se structurent selon leurs besoins de liquidité

Christophe FRESPUECH, Directeur Commercial Institutionnel France chez OFI Asset Management
Christophe FRESPUECH
Directeur Commercial
Institutionnel France - OFI AM

Entre fonds cash équivalent, à échéance, ou d’obligations court terme, plusieurs alternatives au monétaire sont offertes.

Le besoin de placements court terme et peu risqués ne se dément pas, comme en témoignent les solides flux de collecte dont bénéficient les OPC monétaires depuis deux ans, malgré les performances négatives qu’affiche la grande majorité d’entre eux. Beaucoup d’investisseurs sont contraints de continuer à allouer une partie de leurs actifs en fonds court terme, pour des raisons de réglementation, de règles prudentielles et de contrôle des risques. Ceci les incite à avoir recours à des OPC monétaires, qui offrent certes une performance légèrement négative, mais sans crainte de forte moins-value. En outre, les dépôts bancaires courants ne sont pas une alternative, car les banques répercutent les taux négatifs auxquels sont soumises les liquidités déposées à la Banque Centrale Européenne.
Ces choix sont d’autant plus d’actualité, que les craintes de corrections grandissent concernant les marchés actions comme obligataires. Ce contexte nourrit les réflexions des investisseurs sur les choix à leur disposition. Beaucoup de titres obligataires de courte ou moyenne maturité offrent une rémunération proche de zéro et un risque non négligeable de perte en cas de hausse des taux. Les alternatives au monétaire sont appréhendées selon leur degré de risque.

DES MARGES DE MANŒUVRE PLUS OU MOINS LARGES SELON LES VÉHICULES

En premier lieu, les fonds cash équivalent (sous la forme de fonds ouverts ou dédiés) donnent plus de marges de manœuvre, leurs règles d’investissement leur permettant de souscrire des obligations jusqu’à 3 ans de maturité, contre 2 ans maximum dans le cadre de fonds monétaires. Ces produits affichent une performance positive sur l’année 2017 (6 pb en moyenne) et ont en conséquence bien collecté. Ce sur-rendement s’explique essentiellement par la possibilité de prendre des positions sur la partie 2 à 3 ans, nécessairement délaissée par les fonds monétaires. La tendance est cependant à l’écrasement du rendement ces derniers mois, pour tendre vers zéro.

Pour leur part, les obligations court terme peuvent être abordées de deux façons :

  • à travers un fonds à échéance, intégralement constitué de titres de maturité 3 ans, portés jusqu’à leur échéance. Il offre une excellente visibilité sur le rendement.
  • à travers un fonds constitué d’obligations de 1 à 3 ans, mais plus souple que le cash équivalent et donc géré plus dynamiquement, puisque susceptible de prendre des positions sur des taux fixes ou du high yield, par exemple. Il peut ainsi profiter d’opportunités liées à des mouvements de marché, combinant trois sources de performance : la maturité, le crédit et la duration. En contrepartie, il est exposé au risque de taux, mais la limitation de la maturité à 3 ans permet d’avoir un budget de risque bien déterminé.

Dans cette perspective, les investisseurs structurent désormais des poches de trésorerie, court terme et moyen terme, en phase avec leurs besoins de liquidités, courantes ou structurelles.

Performances comparées en 2017 des fonds monétaires, cash équivalent et d’obligations court terme

Segment de marché

Performance 2017

Eonia capitalisé

-0,36%

Fonds monétaires (1)

-0,24%

Fonds obligations euro très court terme (2)

-0,13%

Fonds cash équivalent (3)

+0,06%

Sources : Morningstar / OFI AM
(1) Performance moyenne de la catégorie Morningstar Monétaire EUR
(2) Performance moyenne de la catégorie Morningstar Obligation euro très court terme
(3) Performance moyenne des OPC non monétaires identifiés éligibles au classement Cash équivalent

Le changement climatique doit désormais être au cœur d’une stratégie d’investissement en non coté

Jérôme DELMAS, Directeur Général de SWEN Capital Partners, filiale d'OFI Asset Management
Jérôme DELMAS
Directeur Général
SWEN Capital Partners

Dans le sillage d’une politique active de respect des critères ESG, la prise en compte de l’enjeu climatique est devenue la priorité des équipes de SWEN Capital Partners.

Dans l’univers du non coté, SWEN Capital Partners a fait le choix de l’investissement responsable. A l’instar de nos deux actionnaires – le Groupe OFI et Arkea Investment Services – cet engagement est historique, et le respect des critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) constitue, depuis toujours, la colonne vertébrale de notre philosophie de gestion dans nos trois activités : le private equity, les infrastructures et la dette (en coinvestissement direct et via des fonds).

Ainsi, chaque année, à l’issue de notre collecte de données extra-financières auprès des fonds et des entreprises dans lesquels nous sommes investis, nous réalisons un reporting minutieux nous permettant, en particulier, d’identifier avec précision combien d’ODD (Objectifs de Développement Durable) sont respectés par chaque cible, parmi les 17 qui ont été adoptés par l’ONU. L’intérêt de cette référence aux ODD (éradication de la pauvreté, respect de la biodiversité et de l’égalité entre les sexes…) est de nous permettre d’intégrer plus concrètement les critères ESG dans notre stratégie de gestion.

UNE REVOLUTION VERTE QUI VA CHANGER LA STRUCTURE DE NOS ECONOMIES

En outre, dès 2014, nous avons créé les ESG Best Practices Honours by SWEN CP afin de distinguer, les sociétés de gestion mettant en œuvre les meilleures pratiques ESG au niveau international. Cette démarche s’inscrit dans la conviction profonde que nous ne sommes qu’au début d’une révolution verte. Les acteurs de l’économie qui n’auront pas intégré ces critères dans leur démarche d’investissement finiront par disparaître.

Parmi ces critères, le changement climatique nous apparaît, désormais, comme la priorité numéro 1 à intégrer dans notre allocation d’actifs. Notre stratégie climate change, dont nous avons plus concrètement formalisé le process en 2017, vise à identifier et intégrer les enjeux climat dans nos gestions. Nous cartographions le risque climat de l’ensemble de nos portefeuilles : risque physique et risque de transition (en lien avec l’évolution des modes de consommation). Les enseignements que nous en tirons nous permettent de mieux orienter nos choix d’investissement.
Ainsi, tous les nouveaux fonds gérés par SWEN Capital Partners allouent une partie de leurs actifs à des activités vertes.
Identifié comme un acteur de la finance offrant une réelle expertise sur ces questions, SWEN Capital Partners a d’ailleurs été retenu par l’OCDE pour réaliser une étude en 2018 sur l’intégration des facteurs climatiques par les investisseurs institutionnels à l’échelle internationale. Le but de ce projet ambitieux est d’initier un dialogue entre les régulateurs, les sociétés de gestion et les investisseurs institutionnels afin de partager les bonnes pratiques en la matière.

émissions CO2

SWEN Capital Partners en pointe sur l’empreinte carbone

SWEN Capital Partners a pris une longueur d’avance parmi les acteurs du non coté en matière de prise en compte des émissions de carbone dans la stratégie d’investissement.
Depuis 2015, avant même la publication de la loi de transition énergétique, nous mesurons avec précision le taux d’émission de CO2 de chacun des fonds ou des entreprises que nous détenons dans nos portefeuilles. Ce chiffre nous aide à identifier les risques potentiels.
La démarche ne se veut pas punitive, même si certaines entreprises (ou secteurs) peuvent être exclus de nos choix d’investissement (centrales à charbon…). En revanche, la mesure de l’empreinte carbone nous aide à fixer des objectifs quantifiables et à conseiller les entreprises que nous sommes susceptibles d’accompagner, afin qu’elles réussissent à transformer leur business model dans une démarche plus respectueuse de l’environnement.

SWEN Capital Partners • Tél. : 01 40 68 17 17 • Société de gestion agréée par l’AMF N°GP-14000047 • www.swen-cp.fr

La gestion déléguée à la croisée des règlementations

Stéphane DORLENCOURT, Directeur Services et Solutions chez OFI Asset Management
Stéphane DORLENCOURT
Directeur Services et Solutions
OFI AM

Malgré des approches communes, concernant en particulier les enjeux de calcul et de reporting, la mise en œuvre effective des différentes règlementations amplifie les spécificités au sein du métier de la gestion des actifs.

Les nouvelles exigences réglementaires à destination des investisseurs se sont succédées ces dernières années et si elles peuvent être ressenties comme un empilement de contraintes, nous observons une certaine homogénéité dans leur structure.

En leur cœur figurent souvent des éléments de calcul ou de ratios (Bâle 3, Solvabilité 2, loi de transition énergétique…). Ils requièrent l’implémentation d’outils à même de traiter les données qui ont vocation à être ajustées aux besoins spécifiques de chaque réglementation.

De même, les contenus des reportings réglementaires adressés aux superviseurs sont souvent proches, et mettent l’accent sur les risques (au-delà de Solvabilité 2, le projet de décret des caisses de retraite des professions libérales, le règlement européen des fonds monétaires...). Enfin, ces nouvelles règles renforcent les responsabilités des dirigeants, menant à la mise en place de nouvelles gouvernances, la définition de fonctions clés et la mise en œuvre de politiques écrites.

Les enjeux de calcul peuvent être assimilés par les sociétés de gestion partenaires, qui disposent en outre des expertises et outils nécessaires pour les manipuler. Sur le plan du reporting, les travaux menés notamment au sein du Club Ampère, ont permis de bien appréhender les problématiques d’inventaires (enrichissement, transparisation…) pour, in fine, automatiser la production et assurer la qualité de matrices spécifiques à chaque réglementation.

En revanche, la mise en place de politiques associées est de nature à complexifier la tâche pour les sociétés de gestion. Par exemple, les objectifs d’une politique de gestion des risques sous Solvabilité 2 ou de politiques ISR n’étant pas standardisables, leur mise en œuvre constitue autant de nouveaux paramètres en matière de contraintes de gestion venant interférer avec les paramètres financiers et comptables traditionnels. Elle peut même imposer la gestion de référentiels spécifiques en termes de calcul de SCR, de nomenclatures sectorielles, de sources de données financières, ou encore de grilles de lecture extra-financière.

Une réponse adaptée à ces enjeux doit s’appuyer sur une organisation appropriée et évolutive des partenaires de gestion qui souhaitent participer activement à cette transformation du métier de la gestion d’actifs, le traditionnel couple rendement/risque n’en étant plus le seul apanage.

Actualité

Un dispositif d’accompagnement global

OFI AM met en œuvre une veille permanente sur les évolutions réglementaires qui encadrent les acteurs, mais aussi les produits (PRIIPS, MIFID, UCITS, AIFM), afin de pouvoir les décrypter, identifier les éventuelles similitudes et adapter ses solutions.
Les stratégies d’investissement déclinées au sein d’une gamme de produits ouverts sont bien entendu proposées via des enveloppes de gestion dédiées, pour intégrer les besoins individuels (couverture d’un facteur de risque financier, critères d’exclusion ISR, pilotage comptable, suivi du SCR marché associé…). Ces véhicules bénéficient de services associés déployés sur les produits ouverts (reporting, inventaires, données, métriques de risque ou du SCR…) qu’OFI AM propose également sur le périmètre intégral des placements, via des experts et des outils performants.

Les chiffres cités ont trait aux années écoulées. Le DICI doit être obligatoirement remis aux souscripteurs préalablement à la souscription. Les règles de fonctionnement, le profil de risque et de rendement et les frais relatifs à l'investissement dans un fonds sont décrits dans le DICI de ce dernier. Ces placements permettent de profiter du potentiel de performance des marchés financiers en contrepartie d’une certaine prise de risque. Le capital investi et les performances ne sont pas garantis et il existe un risque de perte en capital. Source des indices cités : www.bloomberg.com

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