Par Eric VAN LA BECK, Eric BERTRAND

Étude d'impact des critères ESG sur la performance

Eric Van La Beck, Directeur du Pôle ISR - OFI AM

Il y a une dizaine d’années, les partisans de l’Investissement Socialement Responsable (ISR) considéraient que les entreprises tenant compte des questions sociales, environnementales et de gouvernance (ESG) offraient le plus fort potentiel car en respectant ces critères, elles donnaient l’image d’une meilleure gestion du risque et étaient ainsi mieux acceptées par la société civile.
Parmi les trois critères ESG, la question de la gouvernance était centrale pour que les directions d’entreprises puissent avoir une bonne prise en compte des questions sociales et environnementales. C’est pour cette raison que la gouvernance s’est vue offrir un poids constant et significatif dans l’analyse ISR.

Frédéric Daty, Responsable Recherche et Ingénierie Financière - OFI AM

Etude quantitative de l’impact des notations ESG sur les performances financières
Chez OFI AM, une étude quantitative sur l’impact des notes ISR propriétaires sur nos univers d’investissement a été réalisée au sein du département Recherche et Ingénierie Financière.
Celle-ci a pu être réalisée grâce à la profondeur et la qualité des données inégalées sur la place, construites depuis plus de 10 ans par l’équipe d’analyse ISR d’OFI AM.
Afin d’évaluer l’impact des critères ESG sur la performance, l’univers actions de la zone Euro composé d’environ 300 valeurs, a été découpé en fonction de la qualité des enjeux environnementaux, sociaux et notamment de la gouvernance des entreprises.
Les résultats montrent nettement que les sociétés les mieux notées dégagent une surperformance significative sur le long terme face à celles n’ayant pas emprunté le virage de l’ISR au cours des dernières années.
Cette étude permet d’objectiver clairement les intuitions passées sur l’importance de l’ISR et leurs impacts sur les marchés financiers.

Eric Bertrand, Directeur des Gestion Taux, Diversifiées et Quantitatives - OFI AM

Prise en compte des critères de gouvernance dans la gestion
Au début des années 2000, à l’arrivée de l’approche ISR en gestion financière, les gérants d’OFI AM ont la conviction de devoir créer à terme de la valeur mais jusqu’à la crise de 2008, les résultats ne sont pas très probants. En revanche, passé cette période, il est possible de créer de la valeur avec une approche extra-financière couplée à une approche financière. Pour cela, les gérants ne choisissent pas forcément les meilleures sociétés dans les portefeuilles mais évitent de sélectionner les moins bonnes car ainsi les accidents industriels sont évités. En effet, les erreurs de gouvernance sont souvent à l’origine des fortes baisses de performance des portefeuilles.
Contrairement à une approche purement financière, si dans une analyse ISR, seul le pilier gouvernance est pris en compte dans la sélection d’entreprises, il apparaît que ce critère représente la majeure partie de la valeur créée.
Partant de ce constat, les processus de gestion, disponibles notamment dans les unités de compte profilées du contrat Multivie, ont été créés à l’aide d’un procédé d’exclusion. Des filtres sont appliqués sur les univers d’investissement en écartant les plus mauvaises notes ESG et en intégrant des maximums sur les catégories intermédiaires pour favoriser les mieux notées et au global, et cela crée donc de la surperformance.
Au travers de la gamme de ses produits, la conviction d’OFI AM s’est donc avérée juste. L’extra-financier, couplé au financier, apporte de la valeur, en particulier si le critère gouvernance est intégré dans l’approche de notations ESG.