Par Benjamin LOUVET

Emmanuel Macron : « c'est à vous de préserver le multilatéralisme »

Benjamin Louvet, Gérant des Matières Premières chez OFI AM, sur BFM Business dans l'émission Le Club de la Bourse le 25 avril 2018, intervient suite au discours d'Emmanuel Macron devant le congrès américain
BFM Business - Intégrale Bourse, Le Club de la Bourse 25/04/2018

Benjamin Louvet, Gérant matières premières chez OFI AM, Pascal Bernachon, Stratégiste chez KBL Richelieu Gestion, et David Kalfon, Président de Sanso Investment Solutions, interviennent suite au discours d'Emmanuel Macron devant le Congrès des Etats-Unis.

Ce mercredi, à l'occasion de sa visite d’État aux États-Unis, Emmanuel Macron a pris la parole devant les élus du Congrès américain et appelé l'Amérique ainsi que Donald Trump à préserver le multilatéralisme à l'heure où le Président américain, qui affiche clairement son intransigeance, entend prendre des mesures à propos de l’accord sur le nucléaire iranien.

Benjamin Louvet : « Le Président de la République Française a très clairement défini la position de l’Europe à ce sujet en annonçant qu’elle ne sortirait pas de cet accord. Cette déclaration est importante sachant que les américains n’achètent pas de pétrole aux iraniens. En effet, si les Etats-Unis sortent de cet accord, l’importance de l’impact sur la demande de pétrole dépendra de la sortie ou non des autres pays.
De plus, l’Iran a annoncé qu’au cas où Donald Trump décidait la sortie de l’Amérique, la République islamique dénoncerait ledit accord.
Le marché s’inquiète donc à juste titre des conséquences géopolitiques possibles à venir. Maintenant, dans un premier temps, l’impact sur le prix du pétrole à la fin de cet accord ne sera pas forcément monumental en termes d’équilibre entre l’offre et la demande car il existe toujours la solution de l’Arabie Saoudite et la Russie pour compenser. A ce sujet, n’oublions pas que, précédemment sanctionnée, l’Iran arrivait tout de même à trouver une voie sur le marché pour une partie de son pétrole.
Mais aujourd’hui, ce phénomène n’est pas le plus important sur le marché pétrolier et d’autres pourraient rapidement prendre le dessus comme l’effondrement interminable du Venezuela aux conséquences très importantes, la situation au Yémen où les Houthis lancent régulièrement des missiles sur les installations pétrolières de Jazan et Riyad, ou encore les conséquences des futures élections au Nigeria où les rebelles font à nouveau parler d’eux. Tous ces événements créent des risques importants sur le marché mais pour autant la demande de pétrole reste extrêmement élevée. Les estimations sont de 1 million pour l’Agence Internationale de l'Energie (AIE), 1,5 million pour l’OPEP et 1,8 million pour l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).
Si aucun ralentissement de la demande n’intervient alors l’objectif d’OFI Asset Management sur le prix du brent à 80/85 dollars pour la fin d’année reste valable avec même un potentiel de hausse en cas de problèmes géopolitiques. »