Par Yannick LOPEZ

Comment la trêve sino-américaine impacte-t-elle les marchés obligataires ?

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management : la trêve sino-américaine impacte-t-elle les marchés obligataires ?
BFM Business - Intégrale Bourse 01/07/2019

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management

A l’ouverture des marchés, la trêve sino-américaine semblait impacter les marchés obligataires : l’apaisement des tensions commerciales relançait l’appétit pour le risque et de manière très logique pesait sur les obligations.
Mais ce mouvement a été de courte durée. Les taux d’intérêt ont repris le chemin de la baisse et rien ne semble pouvoir les arrêter, ni bonne ni mauvaise nouvelle.
En Europe, les anticipations de baisse des taux n’ont jamais été aussi élevées : les marchés anticipent une baisse des taux directeurs de la BCE d’environ 20 points de base à horizon quelques mois. L’OAT française est négative. L’Allemagne continue sa chute avec -0,35% sur le taux 10 ans allemand.
Seule l’Italie offre encore du rendement avec un taux 10 ans qui vient cependant de passer sous la barre des 2%. Le pays bénéficie d’un effet d’aubaine car dans un environnement où les placements obligataires zone Euro ne procurent plus de rendement, l’Italie fait office de dernier placement offrant du portage.

La tendance de fond a repris le dessus. Selon une enquête publiée par Reuters, les taux devraient rester extrêmement bas sur les obligations souveraines pendant au moins deux ans voire même une décennie.

L’humilité est de rigueur concernant les prévisions de taux d’intérêt. En début d’année, dans une enquête publiée par le Wall Street Journal, la vision la plus pessimiste établissait le taux 10 ans américain fin 2019 à 2,5% et pourtant, il se situe actuellement à 2%. Aucune personne interrogée n’avait anticipé des taux aussi bas.
Cette situation générale est anormale mais beaucoup de raisons peuvent justifier un maintien sur ces niveaux de rendement extrêmement bas, voire nuls, voire négatifs.
Dans un passé relativement récent, des mouvements de revalorisation très brutaux se sont déjà produits sur les taux d’intérêt, notamment en 2015 lorsque le taux allemand est passé de 0% à 1% en ligne droite.
Que la BCE baisse ses taux et relance son programme de « Quantitative Easing » ne suffira pas à faire remonter les taux d’inflation à court terme.