Par Yannick LOPEZ

Bilan estival des marchés obligataires

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management, dresse un bilan estival des marchés obligataires
BFM Business - Intégrale Bourse 02/09/2019

Yannick Lopez, Directeur de la gestion taux chez OFI Asset Management

Le focus se fait beaucoup sur les marchés actions mais le vrai mouvement de l’été repose encore sur une baisse de taux qui ne cesse de s’accélérer.

L’état des lieux sur le marché obligataire n’est pas brillant.
Les investisseurs ne savent pas trop où placer leur argent en raison du niveau extrêmement bas des rendements. En août, le mouvement de baisse s’est même presque accéléré avec un effondrement des taux avec le 10 ans allemand autour de -0,7%.
La chute est encore plus spectaculaire sur l’Italie et les Etats-Unis : le 10 ans italien a plongé sous 1%, cédant presque un demi pourcent, idem pour le 10 ans américain qui se retrouve à 1,50%.

Les attentes des marchés envers les Banques Centrales américaines et européennes sont donc très fortes.
Aux Etats-Unis, malgré les annonces de Jerome Powell en juillet à propos d’une baisse de milieu de cycle de 25 points de base, le marché estime que le cycle vient tout juste d’être entamé et valorise à plus de 100 points de base la baisse des taux à horizon fin d’année prochaine.
En Europe, la réunion de la BCE du 12 septembre est très attendue. Les marchés anticipent une baisse du taux de dépôt de 10 à 20 points de base, à -0,50% / -0,60% environ.
Les courbes Forward Eonia affiche également un cycle de baisse anticipé par les marchés avec un Eonia en point bas en 2021 autour de -0,85%/-0,90%.

Mais où est la limite de ces anticipations de marchés ? Existe-t-il un scénario où cette tendance du marché obligataire pourrait se corriger ?

Les attentes du marché sont liées au contexte économique subi depuis quelques mois. Dans ce contexte, la BCE est impuissante car une baisse de 10 ou 20 points de base et/ou une relance du Quantitative Easing n’aura pas d’impact sur la situation de guerre commerciale sino-américaine actuelle.
L’économie de la zone Euro ne s’améliorera qu’en présence d’une meilleure visibilité sur le conflit entre les Etats-Unis et la Chine mais également sur le Brexit. Seuls ces facteurs peuvent rétablir la confiance et faire repartir les indices PMI à la hausse.