Le marché des matières premières fait face au coronavirus

Benjamin Louvet, Gérant des Matières Premières chez OFI AM, analyse le marché des matières premières face au coronavirus
BFM Business - Intégrale Bourse 29/01/2020

Le marché des métaux précieux

La propagation du Coronavirus a entraîné une nouvelle détente sur les marchés de taux, une situation idéale pour la performance de l’or.
Aux Etats-Unis, dans ce contexte de taux baissiers avec des taux réels récemment retournés en territoire négatif, le cours de l’or se maintient.
Les autres métaux précieux ont profité de la situation pour prendre quelques bénéfices. Le palladium, qui affichait déjà +21% depuis le début de l’année après avoir obtenu des performances de +60% en 2019 et de +500% sur les cinq dernières années, a légèrement corrigé pour revenir autour des 12%. Cette baisse reste cependant assez logique puisque, comme le platine, le palladium est un métal industriel qui a subi la crainte d’un ralentissement de l’activité.
Du côté des métaux de base, le cuivre (« Docteur Copper ») a perdu plus de 10% ces derniers jours, passant de 280 dollars à 258/259 dollars la livre, certainement en raison de la grande inquiétude qui règne aujourd’hui à propos de la possible baisse de l’activité manufacturière en Chine, notamment suite à l’annonce de Toyota sur la fermeture de ses usines. Aussi, le minerai de fer a également beaucoup reculé et le nickel, qui avait connu une très belle performance l’année dernière, est en train de lui emboîter le pas.

Le marché pétrolier

Le pétrole est tiraillé entre « deux feux » :

  • D’un côté, il subit des contraintes sur l’offre, avec notamment la situation inextricable en Lybie où une partie de la production est arrêtée, dont l’impact pourrait pousser les prix à la hausse.
  • Et de l’autre, la propagation du coronavirus fait craindre un ralentissement. Les Etats-Unis ont envisagé de suspendre leurs vols vers la Chine ce qui suscite de nombreuses inquiétudes concernant le potentiel d’évolution de la consommation de pétrole. Un ralentissement de l’activité freinerait la consommation de pétrole et impacterait possiblement son prix.

Il a souvent été constaté par le passé que les contraintes sur la demande impactent davantage les prix du pétrole que celles concernant l’offre. Aujourd’hui, la pression est plutôt baissière et de plus en plus de rumeurs se font jour comme quoi l’OPEP réfléchirait à prolonger la réduction de production de pétrole jusqu’à la fin de l’année pour tenter d’aider le marché à se rééquilibrer.